Le roman compte trente-huit chapitres et s'ouvre sur une feinte : le narrateur déclare retranscrire un manuscrit anonyme du XVIIe siècle, qu'il commente avec ironie. L'intrigue suit deux fils : Renzo, qui fuit à Milan où il se trouve pris dans l'émeute du pain, puis Lucia, enlevée avec la complicité de la religieuse de Monza. Autour d'eux : Don Rodrigo, le seigneur tyrannique ; Don Abbondio, le curé craintif ; le frère Cristoforo ; la religieuse de Monza ; l'Innommé, brigand repenti. Dans la dernière partie, la peste de 1630 disperse les personnages et en emporte plusieurs, puis rend possible leurs retrouvailles. Manzoni entremêle des digressions historiques à l'action.
Le roman est accueilli en 1827 avec un grand succès, et son auteur est placé au premier rang de la littérature italienne. Goethe compte parmi ses premiers admirateurs, et la comparaison avec Walter Scott est constante, même si Manzoni s'intéresse moins à l'aventure qu'aux conséquences morales de l'histoire. Les deux éditions, 1827 et 1840–1842, font l'objet d'un débat linguistique durable : la seconde fixe un italien proche du florentin cultivé, qui s'impose dans les écoles. Le livre est considéré comme le texte fondateur de la prose italienne moderne, et est souvent décrit comme l'ouvrage le plus lu de la langue italienne.
Les Fiancés est lu et enseigné en Italie depuis près de deux siècles, au point que Don Abbondio ou l'Innommé font partie de la mémoire commune. Le roman montre comment l'histoire se joue chez les petits : ce sont les gens ordinaires qui subissent la bêtise des puissants, la famine et la peste, et ce regard compassionnel a ouvert la voie au roman réaliste. Umberto Eco y voit l'archétype du roman historique. À lire pour le plaisir de l'ironie manzonienne, la finesse psychologique et la page sur la peste.