Adelchi est une tragédie en cinq actes et en vers, accompagnée de deux chœurs. Le roi Didier (Desiderio) est le dernier souverain des Lombards ; son fils Adelchi, partagé entre l'obéissance au père et la répugnance pour une guerre injuste, défend le royaume contre Charlemagne, roi des Francs, appelé par le pape. Sa sœur Ermengarde, épouse répudiée de Charlemagne, se retire dans un couvent et y meurt. Le héros, blessé, meurt lui aussi à la fin de la pièce. Les chœurs prennent le relais de l'action : le premier évoque les Latins soumis, le second pleure la mort d'Ermengarde. La pièce est précédée d'un discours historique sur les Lombards.
La tragédie paraît en 1822 et est reçue comme un sommet du théâtre romantique italien. Les lecteurs retiennent surtout le caractère d'Ermengarde et les chœurs, où Manzoni exprime la souffrance d'un peuple dominé, thème qui résonne dans l'Italie morcelée de la Restauration. La critique en fait l'un des textes essentiels du romantisme italien ; György Lukács y voit l'un des meilleurs drames historiques de l'Europe de son temps. À la scène, la pièce reste peu jouée, en raison de sa longueur et de son caractère lyrique, même si de grands acteurs, dont Vittorio Gassman en 1960, l'ont portée à la scène.
Adelchi est la tragédie la plus aboutie de Manzoni : celle où sa pensée de l'histoire, qui donne la parole aux vaincus et refuse de justifier la force par le succès, trouve sa forme la plus dense. Sa lecture éclaire la conception manzonienne de la Providence et de la douleur, présente aussi dans Les Fiancés. Pour un lecteur français, c'est une porte d'entrée vers le drame romantique italien, à lire à voix haute, pour ses chœurs, plus que pour son intrigue.