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ŒUVRE N° 1764 — ROMAN — ITALIE — 1954

Le Mépris

1954 · Roman · Alberto Moravia
Un scénariste voit s'éteindre l'amour de sa femme, pendant le tournage d'une adaptation de l'Odyssée.
Pourquoi le lire — Riccardo Molteni, écrivain devenu scénariste par nécessité, voit l'amour de sa femme Emilia se défaire sans qu'il comprenne pourquoi. Le producteur Battista et un metteur en scène allemand, Rheingold, préparent une adaptation de l'Odyssée, miroir ironique d'un couple qui s'éloigne. Le narrateur cherche les causes de ce mépris dans de petits signes. Moravia en tire une anatomie précise et cruelle de la fin d'un amour, que Godard a portée à l'écran.

Contexte d'écriture § 01

  • 1952 Moravia reçoit le prix Strega ; il est alors un auteur reconnu en Italie.
  • 1954 Il Disprezzo paraît en Italie.
  • 1963 Jean-Luc Godard l'adapte au cinéma, avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli et Fritz Lang.

Structure § 02

Le roman est un monologue à la première personne : Riccardo Molteni raconte lui-même ce qu'il vit et s'interroge. La narration s'appuie sur de petits indices du quotidien — un geste, un ton, un silence — pour montrer l'érosion du lien conjugal. Autour du couple, Moravia place Battista, producteur grossier mais puissant, et Rheingold, réalisateur cultivé, qui prépare un film sur l'Odyssée. Le parallèle avec Ulysse et Pénélope donne au récit une dimension mythique, que Riccardo discute avec le réalisateur : le roman devient aussi une réflexion sur l'interprétation, sur la lecture d'Homère et sur l'incompréhension entre les êtres.

Réception § 03

Le livre est un succès et sera traduit dans de nombreuses langues. Il doit en partie sa notoriété durable à l'adaptation de Jean-Luc Godard (1963), avec Brigitte Bardot dans le rôle d'Emilia, Michel Piccoli dans celui de Riccardo, et le cinéaste Fritz Lang dans son propre rôle. Le film, souvent rattaché à la Nouvelle Vague, a contribué à la notoriété du livre.

Pourquoi il compte encore § 04

Le Mépris est l'un des romans les plus lus de Moravia parce qu'il accomplit, sur un sujet universel — comment un amour s'éteint —, une analyse minutieuse, qui évite le mélodrame. Il y fait dialoguer littérature, cinéma et mythe, ce qui lui donne une place à part dans la réflexion sur le travail créateur à l'ère du cinéma. Le livre se lit vite, mais laisse un malaise durable.