Pourquoi le lire — Son patronyme serait, selon la légende familiale, un acronyme du latin ex caelis oblatus, « don du ciel », attribué par un officier municipal à son grand-père, un enfant trouvé. Professeur de sémiotique reconnu à l'université de Bologne, Eco ne publie son premier roman qu'à quarante-huit ans — Le Nom de la rose, qui devient aussitôt un phénomène mondial.
Biographie § 01 — le parcours
- Origines Né le 5 janvier 1932 à Alexandrie, dans le Piémont ; reçoit une éducation catholique dans une institution salésienne.
- Les études Alors que son père souhaite le voir étudier le droit, choisit la philosophie médiévale et la littérature à l'université de Turin, où il obtient son doctorat en 1954.
- Les débuts professionnels Travaille comme rédacteur culturel pour la radio-télévision italienne, puis enseigne à Turin, à Florence et à Milan.
- 1962 — L'Œuvre ouverte Publie cet essai fondateur, qui pose que les œuvres modernes sont par nature ambiguës et appellent une participation active du lecteur dans leur interprétation.
- 1971 — Bologne Rejoint l'université de Bologne, où il enseignera l'essentiel de sa carrière, devenant professeur émérite de sémiotique.
- 1976 — La sémiotique Publie La Théorie de la sémiotique, ouvrage qui fait connaître sa discipline à un plus large public académique.
- 1980 — Le Nom de la rose Publie à quarante-huit ans son premier roman, une enquête policière dans un monastère italien du XIVe siècle, qui devient un immense succès international, adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1986.
- 1988 — Le Pendule de Foucault Publie ce second roman, qui explore des thématiques proches autour de l'ésotérisme et des théories du complot.
- 1985-2016 — La Bustina di Minerva Tient une chronique bimensuelle dans l'hebdomadaire L'Espresso pendant plus de trente ans, la dernière paraissant le 27 janvier 2016.
- 2015 — Numéro zéro Publie son dernier roman, qui revient sur un scandale politique des années 1990 ayant contribué à l'ascension de Silvio Berlusconi, dont Eco fut un critique constant.
- 2016 Meurt le 19 février à Milan, à quatre-vingt-quatre ans, des suites d'un cancer.
Œuvres essentielles § 02 — par où commencer
Le Nom de la rose (1980) — Le meilleur point d'entrée : une enquête policière dans un monastère médiéval italien, à la fois roman érudit et best-seller mondial.
Le Pendule de Foucault (1988) — Son second grand roman, plongée vertigineuse dans les théories du complot et l'ésotérisme occidental.
L'Œuvre ouverte (1962) — Son essai fondateur, qui pose les bases de sa réflexion sur l'ambiguïté et l'interprétation active de l'œuvre d'art.
Numéro zéro (2015) — Son dernier roman, satire du journalisme et de la manipulation politique italienne contemporaine.
Apport § 03 — ce qu'il a changé
Figure majeure de la sémiotique du XXe siècle, Eco élabore une pensée influente sur l'interprétation des signes et des textes, développant notamment les notions d'œuvre ouverte, d'intention du lecteur et des limites de l'interprétation, qui marquent durablement la théorie littéraire contemporaine. Sa bascule tardive vers le roman, à quarante-huit ans, avec Le Nom de la rose, illustre à elle seule tout son projet intellectuel : offrir au grand public un texte accessible en surface comme roman policier, mais construit comme un dispositif savant de renvois théologiques, philosophiques et historiques, où « les livres parlent toujours d'autres livres, et toute histoire raconte une histoire déjà racontée ». Considéré comme un théoricien majeur du postmodernisme littéraire, Eco brouille sciemment les frontières entre fiction et érudition, entre divertissement populaire et exigence intellectuelle, ouvrant la voie à toute une génération de romans savants mêlant énigme, histoire et réflexion sur le langage lui-même.
Style § 04 — à quoi s'attendre
Une érudition foisonnante mise au service d'intrigues aussi rigoureuses que ludiques, où chaque détail historique ou théologique participe d'un jeu subtil entre vérité et fiction. Cette virtuosité intellectuelle ne sacrifie jamais le plaisir narratif, Eco parvenant à faire de la théorie des signes elle-même un ressort dramatique de ses intrigues. Pour un premier contact, Le Nom de la rose offre l'entrée la plus accessible et la plus universellement appréciée ; Le Pendule de Foucault, plus dense, permet d'aborder pleinement son goût pour les architectures conspirationnistes et l'ésotérisme.
Citations célèbres § 05
- « Devant un livre, nous ne devons pas nous demander ce qu'il dit mais ce qu'il veut dire. »