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FICHE N° 0170 — LITT. AUSTRALIENNE — XXe S.

Patrick White

1912 – 1990 · Australie (né à Londres) · Langue anglaise
Romancier et dramaturge — prix Nobel 1973, premier et seul Australien de l'histoire distingué par le prix, introducteur d'un nouveau continent dans la littérature mondiale.
Pourquoi le lire — Né à Londres de parents australiens fortunés, envoyé étudier en Angleterre dès treize ans, White revient s'installer en Australie après la guerre pour composer une œuvre romanesque ample et exigeante qui bouleverse durablement les traditions réalistes de la littérature de son pays. En 1973, il devient le premier et seul Australien de l'histoire à recevoir le prix Nobel de littérature, pour un art narratif épique et psychologique qui a introduit un nouveau continent dans la littérature mondiale.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Né le 28 mai 1912 à Knightsbridge, à Londres, alors que ses parents australiens fortunés y sont en visite, retourne en Australie avec eux à l'âge de six mois, grandissant à Sydney et sur les propriétés rurales familiales.
  • L'éducation anglaise Est envoyé à treize ans dans un pensionnat anglais, sa mère jugeant que « ce qui était anglais était le meilleur », avant de travailler quelque temps dans le ranch à moutons de son père puis d'étudier les langues modernes au King's College de Cambridge.
  • 1939 — Happy Valley Publie son premier roman, situé en Nouvelle-Galles du Sud, salué par certains critiques britanniques et récompensé par la médaille d'or de la Société de littérature australienne.
  • La guerre et la rencontre décisive Sert comme officier du renseignement à la Royal Air Force au Moyen-Orient et en Grèce, où il rencontre Manoly Lascaris, son compagnon de vie ; ses expériences dans le désert occidental le conduisent à la lecture des explorateurs australiens.
  • Après 1945 — le retour en Australie Retourne s'installer définitivement en Australie avec Lascaris, à près de quarante ans, après sa première visite dans son pays natal depuis la guerre.
  • 1948 — Le Récit de la tante Publie ce roman, portrait empreint d'une sensibilité remarquable de la vie solitaire d'une femme australienne célibataire.
  • 1955 — L'Arbre de vie Publie l'ouvrage qui le fait véritablement connaître, bien reçu en Angleterre et aux États-Unis mais accueilli avec mépris et incrédulité en Australie même, où l'on s'indigne qu'un membre de la classe des grands propriétaires terriens aspire à une vocation jugée réservée aux enseignants.
  • 1957 — Voss Publie ce roman consacré à un explorateur fanatique de l'intérieur australien, qui lui vaut le tout premier prix Miles Franklin, malgré une presse le qualifiant de « romancier le plus illisible d'Australie ».
  • 1961 — Le Char des cavaliers Publie ce roman qui lui vaut un second prix Miles Franklin, l'une de ses scènes, où un réfugié juif subit un simulacre de crucifixion, indignant autant le peuple que les bourgeois cultivés.
  • 1973 — le Nobel Reçoit le prix Nobel de littérature « pour un art narratif épique et psychologique qui a introduit un nouveau continent dans la littérature », devenant le premier et seul Australien de l'histoire ainsi distingué ; est nommé la même année Australien de l'année, tout en se montrant ambivalent face à cet honneur.
  • 1979 — L'Affaire Twyborn Publie ce dernier grand roman de sa carrière.
  • 1990 Meurt le 30 septembre à Sydney, à soixante-dix-huit ans.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Voss (1957) — Le meilleur point d'entrée : son roman le plus célèbre, étude intense d'un explorateur fanatique sur fond de nature sauvage australienne.
L'Arbre de vie (1955) — L'ouvrage qui le fait véritablement connaître, récit épique de la vie rurale australienne.
Le Char des cavaliers (1961) — Son second grand roman couronné par le prix Miles Franklin.
Le Récit de la tante (1948) — Considéré par le jury du Nobel comme sa première œuvre magistrale.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Premier et seul Australien de l'histoire à recevoir le prix Nobel de littérature, White introduit véritablement, selon les termes mêmes du jury, un nouveau continent dans la littérature mondiale, alors que la critique littéraire européenne avait largement ignoré jusque-là la littérature postcoloniale et les nouvelles écritures de langue anglaise. Influencé par le modernisme de James Joyce, D.H. Lawrence et Virginia Woolf, il développe un style littéraire complexe qui défie ouvertement la tradition réaliste dominante de son pays natal, adoptant un regard satirique sur la société australienne qui divise profondément la critique locale, certains le qualifiant même de « romancier le plus illisible d'Australie » avant sa consécration internationale. Son œuvre entière explore les thèmes de l'expérience religieuse, de l'identité personnelle et du conflit entre les individus visionnaires et une société matérialiste et conformiste, l'Australie apparaissant chez lui comme un pays en plein processus volatile de croissance et de définition de soi, dont il explore les possibilités de sauvagerie latente.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Un « art narratif épique et psychologique », selon les termes mêmes du jury du Nobel, d'une densité remarquable en mythe, symbole et allégorie, qui transforme le paysage et l'histoire australiens en une matière littéraire d'une portée universelle dépassant largement le cadre d'un seul pays ou d'une seule période. Cette écriture, préoccupée avant tout par le sentiment d'isolement de l'être humain et sa quête de sens, déploie une largeur de vision remarquable qui n'est jamais réductible à un simple régionalisme, faisant de l'Australie le théâtre de conflits universels entre individus visionnaires et société conformiste. Pour un premier contact, Voss offre l'entrée la plus caractéristique et la plus universellement étudiée de son art narratif ; L'Arbre de vie permet d'aborder pleinement son ambition épique de saisir la vie rurale australienne dans toute sa profondeur psychologique.