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ŒUVRE N° 1728 — ROMAN — ALLEMAGNE — 1987

Le Pigeon

1987 · Roman · Patrick Süskind
Un gardien de banque parisien voit sa vie bouleversée par la présence d'un pigeon devant sa porte.
Pourquoi le lire — Jonathan Noël, cinquante-trois ans, gardien de banque à Paris, mène depuis des années une vie d'une régularité maniaque, dans une chambre de bonne. Un matin, un pigeon est sur le palier. Süskind suit, à partir de cet incident dérisoire, l'effondrement de ce monde réglé, avec une précision presque clinique et un humour noir très discret. On y lit une nouvelle de la peur, de la solitude et de l'ordre.

Contexte d'écriture § 01

  • 1987 Die Taube paraît chez Diogenes.
  • Forme Le récit court sur toute la vie du personnage, âgé de cinquante-trois ans, avant de se concentrer sur le jour de l'incident.

Structure § 02

Le récit est court et organisé en chapitres. Il suit Jonathan Noël, dont la vie, cinquante-trois ans, est d'abord résumée, avant que le récit ne se resserre sur le moment où un pigeon apparaît sur son palier. Cette présence, que le personnage ne peut plus ignorer, déclenche une succession de pensées et de gestes qui mettent à nu sa terreur de l'imprévu. Le style est sec et précis, avec une alternance de distance ironique et de compassion.

Réception § 03

La nouvelle paraît en 1987 chez Diogenes, deux ans après Le Parfum : c'est le troisième ouvrage de Süskind, et le dernier avant L'Histoire de Monsieur Sommer (1991). Elle est traduite en français. Brève, elle se lit en une séance et se distingue du Parfum par son cadre resserré, un seul lieu, un seul personnage.

Pourquoi il compte encore § 04

Le Pigeon montre un autre Süskind : moins spectaculaire que l'auteur du Parfum, plus intérieur. Le livre décrit, avec sobriété et un humour noir très discret, ce que devient une existence protégée de tout imprévu lorsque l'imprévu survient quand même. La fable est d'une grande économie de moyens et peut se lire comme une variation sur la solitude et la peur de vivre. Elle complète La Contrebasse et Le Parfum : trois récits d'hommes seuls, enfermés dans une idée fixe.