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ŒUVRE N° 1726 — THÉÂTRE — ALLEMAGNE — 1981

La Contrebasse

1981 · Théâtre · Patrick Süskind
Le monologue d'un contrebassiste d'orchestre, frustré par son instrument.
Pourquoi le lire — Un homme seul, dans son appartement, parle de sa contrebasse. Il en détaille l'histoire, la place dans l'orchestre, ses humiliations de musicien de rang, et peu à peu laisse affleurer sa vie ratée et son amour pour une jeune soprano. Cette pièce en un acte, créée en 1981, est un monologue à la fois comique et amer, d'une construction très serrée. Elle s'est imposée sur les scènes allemandes puis françaises, où de grands acteurs l'ont reprise.

Contexte d'écriture § 01

  • 1981 Süskind écrit la pièce, premier succès de sa carrière d'auteur.
  • 1981 Création au Cuvilliés-Theater de Munich, dans une interprétation de Nikolaus Paryla.
  • 1984-1985 La Contrebasse devient la pièce la plus jouée sur les scènes germanophones pendant la saison.
  • France Le rôle est notamment tenu par Jacques Villeret ; en 2014, Daniel Benoin la met en scène au Théâtre de Paris, avec Clovis Cornillac.

Structure § 02

La pièce est un monologue en un acte pour un seul personnage, un contrebassiste de trente-cinq ans, musicien d'un orchestre d'État. Il parle dans son appartement, où il se prépare à jouer le soir même dans une représentation de Wagner, l'Anneau du Nibelung, et s'adresse au public comme à un confident. Il présente son instrument, encombrant, mal-aimé, sans solo ; parle de l'orchestre, de la hiérarchie, de la musique ; et laisse paraître son amour sans espoir pour la soprano Sarah. Le texte alterne anecdotes, digressions et aveux, et le rythme comique glisse peu à peu vers la confession.

Réception § 03

La pièce rencontre un grand succès. En 1984-1985, elle est la plus jouée sur les scènes germanophones. En France, elle est popularisée par Jacques Villeret, puis reprise régulièrement : en 2014, une mise en scène de Daniel Benoin avec Clovis Cornillac est donnée au Théâtre de Paris. Son efficacité tient à sa forme : un seul acteur, un décor unique, un texte qui se prête à des interprétations très variées.

Pourquoi il compte encore § 04

La Contrebasse demeure l'une des pièces les plus jouées du répertoire contemporain allemand parce qu'elle offre à un acteur un rôle complet, et au public un portrait tendre et cruel de l'artiste médiocre. Elle montre déjà ce que Süskind développera dans Le Parfum : l'attention aux marginaux, la précision des détails, le passage du rire au malaise. C'est aussi une excellente première rencontre avec lui, pour qui ne veut pas commencer par un roman.