La pièce est un monologue en un acte pour un seul personnage, un contrebassiste de trente-cinq ans, musicien d'un orchestre d'État. Il parle dans son appartement, où il se prépare à jouer le soir même dans une représentation de Wagner, l'Anneau du Nibelung, et s'adresse au public comme à un confident. Il présente son instrument, encombrant, mal-aimé, sans solo ; parle de l'orchestre, de la hiérarchie, de la musique ; et laisse paraître son amour sans espoir pour la soprano Sarah. Le texte alterne anecdotes, digressions et aveux, et le rythme comique glisse peu à peu vers la confession.
La pièce rencontre un grand succès. En 1984-1985, elle est la plus jouée sur les scènes germanophones. En France, elle est popularisée par Jacques Villeret, puis reprise régulièrement : en 2014, une mise en scène de Daniel Benoin avec Clovis Cornillac est donnée au Théâtre de Paris. Son efficacité tient à sa forme : un seul acteur, un décor unique, un texte qui se prête à des interprétations très variées.
La Contrebasse demeure l'une des pièces les plus jouées du répertoire contemporain allemand parce qu'elle offre à un acteur un rôle complet, et au public un portrait tendre et cruel de l'artiste médiocre. Elle montre déjà ce que Süskind développera dans Le Parfum : l'attention aux marginaux, la précision des détails, le passage du rire au malaise. C'est aussi une excellente première rencontre avec lui, pour qui ne veut pas commencer par un roman.