Le recueil réunit plus de cinquante récits brefs, dont plus de la moitié relèvent du fantastique. Il emprunte son titre à la nouvelle principale, « Le K » (en italien, Il colombre). Chaque texte repose sur une situation simple : un homme, un événement étrange, une conséquence que l’on pressent. Les titres français évoquent cette diversité — La Création, L’Ascenseur — et le lecteur passe de la fable à la scène réaliste, du récit de mer à la satire. La plupart des nouvelles suivent le même principe d’économie : peu de personnages, des phrases courtes et une chute qui renverse le sens de ce qui précède.
Publié à Milan en 1966, le recueil est traduit en français en 1967 par Jacqueline Remillet, chez Robert Laffont, qui a diffusé l’œuvre de Buzzati en France depuis Le Désert des Tartares. Il est souvent présenté comme l’un des sommets de l’auteur en matière de nouvelle fantastique. La nouvelle « Le K » est aujourd’hui l’un des textes les plus cités de Buzzati, notamment dans les anthologies de fantastique.
Le K reste une excellente introduction à Buzzati nouvelliste : on y trouve ses obsessions — le destin, la peur, le temps qui passe — dans un format bref qui permet de les saisir immédiatement. La nouvelle éponyme, sorte de fable sur la peur de l’inconnu et sur le courage de l’affronter, a la netteté d’un conte. Lue en regard du Désert des Tartares, elle montre deux façons de dire la même inquiétude, l’une longue, l’autre en quelques pages.