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ŒUVRE N° 1630 — ROMAN — ÉTATS-UNIS — 1985

Cité de verre

1985 · Roman · Paul Auster
Premier volet de la Trilogie new-yorkaise : un écrivain de polars pris dans une enquête qui n'est pas la sienne.
Pourquoi le lire — Un homme répond à un appel téléphonique qui ne lui est pas destiné : on cherche le détective Paul Auster. Quinn, écrivain de romans policiers, ne le détrompe pas et accepte l'affaire. Il s'engage dans une filature à travers New York, où l'enquête se dérobe à mesure qu'elle avance. Premier volet de la Trilogie new-yorkaise, Cité de verre réussit à être à la fois un vrai roman d'enquête et une réflexion sur l'identité, le langage et le rôle de l'auteur. Le livre se lit vite et laisse longtemps songeur.

Contexte d'écriture § 01

  • Début des années 1980 Auster, qui vit de traductions et de travaux alimentaires, a déjà publié sous le pseudonyme de Paul Benjamin un roman policier, Squeeze Play (1982) ; le genre lui est familier.
  • 1985 Cité de verre paraît à Los Angeles chez Sun & Moon Press, après des difficultés à trouver un éditeur.
  • 1986 Auster publie les deux autres récits, Revenants et La Chambre dérobée.
  • 1987 Les trois textes sont réunis en volume sous le titre de Trilogie new-yorkaise ; Actes Sud publie la traduction française de Cité de verre, due à Pierre Furlan.
  • 1994 Paul Karasik et David Mazzucchelli adaptent le roman en bande dessinée.

Structure § 02

Le récit suit Daniel Quinn, veuf et écrivain de romans policiers, qui signe sous le pseudonyme de William Wilson et dont le héros se nomme Max Work. Un appel le prend pour un détective, Paul Auster ; il se glisse dans ce rôle. Son client, Peter Stillman, le jeune, a été enfermé enfant par son père, érudit à tendance religieuse, qui s'intéresse au langage originel ; Quinn doit surveiller ce père à sa sortie de l'hôpital.

Le livre garde les gestes du polar (filature, carnet, planque), mais l'enquête tourne en rond et l'identité de Quinn s'érode. L'auteur lui-même entre dans le livre sous son propre nom. Don Quichotte, la tour de Babel et le langage d'avant la chute fournissent des motifs récurrents.

Réception § 03

Le roman rencontre d'abord des obstacles éditoriaux, puis établit, avec la Trilogie complète, la réputation internationale d'Auster. On y a vu un renouvellement du roman policier par la métafiction, et le livre est souvent cité comme un texte de référence de la fiction américaine contemporaine. La traduction française, publiée dès 1987, a contribué à faire d'Auster un auteur très lu en France.

Il a connu des prolongements inattendus pour un texte aussi abstrait : la bande dessinée de Karasik et Mazzucchelli (1994), qui prolonge l'ambiguïté par le dessin, puis une adaptation théâtrale d'Igor Mendjisky en 2024.

Pourquoi il compte encore § 04

Cité de verre montre ce que le roman policier peut devenir lorsque le mystère n'est plus un puzzle à résoudre mais une question de soi. Sa brièveté, sa clarté et son humour en font une porte d'entrée idéale vers Auster, et l'un des textes les plus représentatifs de la fiction postmoderne américaine. Il reste lisible comme une enquête, et plus inquiétant à la deuxième lecture, quand on voit comment tout se dérobe.