La trilogie combine quatre modes de narration. Les récits suivent douze personnages de fiction, dont Mac, militant radical, Eleanor Stoddard, qui cherche à s'élever socialement, Charley Anderson, aviateur devenu homme d'affaires, et Mary French, militante. Les « Newsreel » sont des collages de titres de presse et de refrains populaires. Les biographies retracent la vie de personnages historiques, tels que Woodrow Wilson ou Henry Ford. Enfin les « Camera Eye » sont des fragments autobiographiques en flux de conscience.
Les destins des personnages se croisent par intermittence, et ce sont autant les thèmes que l'intrigue qui relient les volumes. L'ensemble documente la société américaine sur trois décennies et oppose ceux qui poursuivent le succès financier à ceux qui s'engagent dans les luttes ouvrières.
La trilogie est rapidement considérée comme le sommet de l'œuvre de Dos Passos. Sartre, qui consacre en 1938 un article à 1919, y voit une réussite majeure du roman moderne et tient l'auteur pour l'un des plus grands écrivains de son temps. U.S.A. occupe aujourd'hui le 23e rang dans la liste, établie en 1998 par la Modern Library, des meilleurs romans de langue anglaise du siècle. À propos de l'affaire Sacco et Vanzetti, Dos Passos y écrit : « all right we are two nations ».
U.S.A. reste l'une des tentatives les plus ambitieuses pour faire du roman l'histoire d'une société. La fiction y côtoie le document, la satire s'y mêle à la compassion, et l'on comprend comment l'argent, la presse et la politique fabriquent les destins. La trilogie est aussi une œuvre de formes : le « Newsreel » et le « Camera Eye » restent des inventions que d'autres ont reprises. À lire par morceaux, comme un grand panorama, plus que d'une traite.