Le roman se compose de chapitres brefs, qui s'ouvrent chacun sur un tableau lyrique ou ironique de la ville, souvent proche de la poésie en prose, avant de basculer dans des scènes de la vie des personnages. Ceux-ci apparaissent, disparaissent, se retrouvent : Ellen Thatcher, actrice, George Baldwin, avocat et homme politique, Jimmy Herf, journaliste, Congo Jake, marin.
Dos Passos use d'un montage proche du cinéma : coupures rapides, simultanéité des scènes, fragments de dialogue, titres de journaux. Il s'inspire de Joyce et d'Eliot dans le collage et le flux de conscience. L'action va du début du siècle aux années 1920.
Manhattan Transfer est un véritable succès commercial pour Dos Passos. Il est salué comme un roman novateur, et la critique reconnaît très tôt l'ampleur de son projet, qui annonce la trilogie U.S.A. Le livre se classe 78e dans la liste des « cent livres du siècle » établie par la Fnac et Le Monde en 1999. Il a même donné son nom à un groupe vocal américain, The Manhattan Transfer, fondé à New York à la fin des années 1960. Le livre a été traduit en français par Maurice-Edgar Coindreau.
Manhattan Transfer est l'un des premiers grands romans de la ville moderne, et l'un des plus influents. La technique du roman choral et du montage, qui s'impose aujourd'hui dans le roman comme dans le cinéma et la série télévisée, trouve ici l'une de ses formes les plus abouties. Le livre montre aussi ce que la ville fait aux individus : l'ambition, la solitude, l'argent. À lire pour la vitalité de son écriture et pour l'image d'un New York qui reste reconnaissable.