Le roman comprend deux parties et un épilogue. Alexandre Adouïev, jeune provincial « trois fois romantique par nature, par éducation et par les circonstances », arrive à Saint-Pétersbourg avec le désir de devenir un écrivain célèbre, de trouver l'amour éternel et l'amitié. Il y retrouve son oncle Piotr Ivanovitch, propriétaire d'usine, qui incarne la raison et la maîtrise des sentiments. Le livre repose sur le dialogue entre ces deux personnages et sur la série de déceptions qui s'ensuivent : amours trompées, ambitions littéraires qui échouent. L'épilogue, quinze ans plus tard, montre Alexandre devenu un entrepreneur prospère, aussi cynique que les autres, qui épouse un parti avantageux.
Le roman obtient un succès immédiat à sa parution en 1847, grâce notamment à l'accueil favorable de Belinski, le critique le plus influent de la Russie du temps. Il fait de Gontcharov un nom reconnu de la prose réaliste. Le livre figure aujourd'hui sur la liste russe des cent livres recommandés aux élèves, au 33e rang.
Une histoire ordinaire est le meilleur point de départ pour entrer dans l'univers de Gontcharov : on y trouve déjà le face-à-face entre le rêveur et l'homme pratique, la Russie provinciale et la capitale, qui se déploiera dans Oblomov. Plus court et plus vif que les romans suivants, il offre aussi une satire douce du romantisme de jeunesse, qui reste lisible bien au-delà de son époque.