Le roman est composé de quatre parties. La première, très lente, montre Oblomov dans son appartement, entouré de son vieux serviteur Zakhar et de visiteurs qui tentent en vain de le tirer du lit ; elle contient « Le Rêve d'Oblomov », évocation de l'enfance rurale. Dans la deuxième partie, son ami d'enfance Stolz, homme d'énergie et d'efficacité, le présente à Olga Ilinskaïa, qui tente de le transformer par l'amour. Les parties suivantes montrent l'échec de cette relation, puis le refuge d'Oblomov dans la maison de sa logeuse, Agafia Pchenitsyna, qu'il épouse. Gontcharov oppose à la torpeur du héros l'activité de Stolz, et fait du temps, plus que de l'action, le moteur du récit.
Le roman rencontre immédiatement un grand succès. Dobrolioubov en tire, en 1859, l'essai « Qu'est-ce que l'oblomovisme ? », qui y lit la critique d'une noblesse russe incapable d'agir ; Gontcharov lui-même avalise cette interprétation. D'autres critiques, comme Droujinine, soulignent plutôt la qualité du portrait psychologique. Tolstoï et Dostoïevski ont loué le livre, ce dernier évoquant un talent éblouissant. Le roman a été porté au cinéma par Nikita Mikhalkov, avec Quelques jours de la vie d'I. I. Oblomov (1980), et au théâtre par Guillaume Gallienne en 2013.
Oblomov a donné à la langue russe un mot et à la littérature mondiale un type : le rêveur qui ne passe pas à l'acte, attachant et désolant à la fois. Le livre se lit aujourd'hui moins comme une charge contre la noblesse que comme une réflexion sur la procrastination, le refuge dans le souvenir, la peur de la vie. Son humour et sa tendresse en font un roman étonnamment actuel, et l'un des meilleurs points d'entrée dans la littérature russe du XIXe siècle.