Cinq actes en prose, ponctués de couplets selon la tradition du vaudeville. Tout se passe en une journée, celle du mariage de Fadinard avec Hélène Nonancourt, fille d'un pépiniériste soupçonneux. Au premier acte, une femme mariée, Anaïs de Beauperthuis, surgit chez Fadinard avec son amant, un officier : le cheval du marié vient de manger son chapeau. Il faut en retrouver un semblable avant que le mari ne s'aperçoive de rien. La noce, qui croit à une promenade, se met à la suite du héros : elle le suit de la boutique d'une modiste à un salon mondain, puis jusqu'au domicile du mari trompé. Le beau-père Nonancourt, le cousin Bobin, l'oncle Vézinet, sourd, et les invités forment un chœur comique qui aggrave chaque étape.
La pièce est un monde à elle seule : il n'y a ni temps mort ni digression, chaque scène relance la précédente.
La pièce est bien accueillie dès sa création au Palais-Royal et s'installe ensuite au répertoire. Elle entre à la Comédie-Française et y est régulièrement reprise. Henri Bergson l'utilise dans Le Rire pour illustrer le mécanisme de la boule de neige, ce qui contribue à la sortir du seul champ du divertissement. René Clair, en 1928, en donne un film muet qui la fait connaître à un public nouveau ; l'adaptation a été souvent citée comme l'une des réussites du cinéma muet français. Les mises en scène se sont multipliées depuis, y compris à l'étranger, et prouvent la solidité du texte.
La pièce montre ce que peut faire la farce quand elle est menée avec rigueur : tout y est conséquence, rien n'est gratuit. Sous la course, Labiche dessine aussi la bourgeoisie parisienne de 1850, sa peur du scandale et son goût de la convenance, sans jamais cesser de la regarder avec bonne humeur. Le modèle a été imité par des générations d'auteurs de comédies à rebondissements, au théâtre comme au cinéma. Pour le lecteur d'aujourd'hui, c'est l'entrée la plus naturelle dans le théâtre comique du XIXe siècle.