Le roman retrace, à travers les souvenirs sélectifs d'un vieux peintre retraité, sa propre carrière passée au service de la propagande impérialiste durant la Seconde Guerre mondiale, alors que le Japon de l'après-guerre s'efforce collectivement d'oublier ce passé honteux et que la propre fille du narrateur redoute que cette réputation compromette ses négociations de mariage. Ishiguro y installe déjà pleinement les thèmes de la mémoire, du temps et de l'illusion de soi qui deviendront caractéristiques de l'ensemble de son œuvre, le narrateur peu fiable préfigurant directement celui des Vestiges du jour.
Le roman confirme le talent d'Ishiguro après ses débuts remarqués, consolidant sa réputation naissante dans les lettres britanniques, trente et un ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 2017.
Le roman demeure une œuvre essentielle pour comprendre la genèse du narrateur peu fiable caractéristique d'Ishiguro, sa méditation sur la responsabilité individuelle continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites de la littérature de la mémoire du XXe siècle.