Tombéza, personnage-titre né du viol de sa mère par un soldat colonial, doté d'un physique monstrueux — rachitique, voûté, une jambe plus courte que l'autre —, agonise, frappé d'aphasie, sur le lit de fer d'un hôpital algérien. Sa conscience confuse déroule par bribes le récit de sa vie entière, entre période coloniale et Algérie postindépendante, dans une langue crue et souvent proche de la vulgarité qui relate avec dégoût et indignation certaines pratiques du quotidien algérien, sans jamais céder à la complaisance envers son propre personnage.
Le roman confirme la réputation de Mimouni comme l'un des écrivains les plus audacieux et les plus radicaux de la littérature algérienne contemporaine, sa noirceur assumée provoquant à la fois fascination et malaise chez ses lecteurs.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus radicales de la littérature algérienne sur l'héritage traumatique de la colonisation, sa monstruosité physique et morale continuant de fonctionner comme une métaphore puissante des violences fondatrices restées largement irrésolues.