Un ancien combattant de la guerre d'indépendance, que son village natal croyait tombé au combat, revient parmi les siens des années plus tard, mais son regard critique sur la société algérienne prétendument nouvelle dérange profondément ceux qui l'entourent. Loin d'avoir tenu ses promesses révolutionnaires, cette société continue d'être rongée par la misère, tandis que le mensonge, la démagogie et la corruption des nouveaux dirigeants ont pris la place des valeurs mêmes au nom desquelles la lutte anticoloniale avait été menée.
Le roman suscite l'agacement de nombreux lecteurs algériens et l'incrédulité de certains lecteurs européens réticents à entendre une critique aussi frontale du modèle révolutionnaire, tout en installant durablement la réputation de Mimouni comme l'une des voix les plus lucides de sa génération.
Le roman demeure un témoignage essentiel et précoce sur les désillusions postindépendance algériennes, sa critique de la confiscation des idéaux révolutionnaires par une nouvelle élite continuant de résonner comme un avertissement prémonitoire sur les dérives du pouvoir.