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ŒUVRE N° 1165 — ROMAN — FRANCE — 1802

René

1802 · Roman · Chateaubriand
Le portrait du « mal du siècle », matrice du héros romantique mélancolique.
Pourquoi le lire — Publié en complément d'Atala au sein du Génie du christianisme, ce court récit donne naissance à René, jeune homme rongé par une mélancolie sans objet et un ennui existentiel qui deviendront la matrice même du « mal du siècle » de toute la génération romantique.

Contexte d'écriture § 01

  • 1802 Chateaubriand publie ce récit au sein du Génie du christianisme, en pendant d'Atala, comme second exemple narratif destiné à illustrer sa réflexion sur la religion et la sensibilité moderne.
  • Une part autobiographique Le personnage de René emprunte largement à la propre jeunesse mélancolique de Chateaubriand, passée entre Saint-Malo et le château de Combourg, dans une confusion entre mysticisme religieux et mysticisme amoureux que l'auteur revendiquera plus tard dans ses Mémoires.

Structure § 02

Le récit prend la forme d'une confession que René, réfugié chez les Natchez d'Amérique, adresse à Chactas et au père Souël pour expliquer le mal insaisissable qui le ronge depuis l'enfance, un ennui sans cause précise mêlé d'une nostalgie diffuse et d'un désir d'infini que rien ne peut combler. Cette structure confessionnelle, doublée d'un cadre exotique similaire à celui d'Atala, installe pour la première fois dans la littérature française la figure du héros romantique en proie à un vague à l'âme sans objet identifiable.

Réception § 03

Le récit connaît un retentissement considérable auprès de la jeunesse du début du XIXe siècle, qui se reconnaît massivement dans ce mal-être diffus, au point que le terme même de « réno-mania » sera bientôt employé pour désigner cette mode de la mélancolie affectée qu'inspire le personnage.

Pourquoi il compte encore § 04

Le récit demeure le texte fondateur du « mal du siècle » romantique, sa figure du héros mélancolique et inadapté au monde ayant directement inspiré des générations d'écrivains, de Musset à Vigny, qui reprendront et prolongeront cette veine introspective.