Le roman est situé en Sologne, dans la région de Brinon-sur-Sauldre, dont Genevoix transpose les lieux. Il suit Raboliot, bûcheron et braconnier, que sa passion de braconner met en conflit avec Bourrel, qui le poursuit, et avec Volat, son rival. L'action suit les gestes du braconnage, la tension entre poursuivant et poursuivi, jusqu'à une issue dramatique.
Le récit alterne scènes d'action et passages descriptifs, où le paysage reflète l'état d'esprit du personnage. Genevoix y emploie un vocabulaire technique de chasse et de campagne, ainsi qu'une langue poétique, très travaillée. La critique y reconnaît l'influence de Maupassant, notamment dans l'économie du récit et la manière de faire sentir le pays.
Raboliot reçoit le prix Goncourt en 1925, et reste l'un des romans les plus connus de Genevoix, que l'on considère souvent comme son livre le plus abouti. Il s'appuie sur une documentation de terrain : Genevoix a vécu auprès d'un garde et en a gardé les noms de lieux, qu'il transpose.
Genevoix lui-même a jugé que l'écriture de la première édition était parfois trop recherchée : pour l'édition de poche de 1952, il a retiré environ 785 lignes, soit vingt-six pages, de termes trop techniques et d'effets de style. Le livre a inspiré un film en 1946 et plusieurs adaptations télévisées.
Raboliot conserve la saveur d'un pays et d'un métier disparus, sans en faire une carte postale. On y sent le froid, la boue, le gibier, l'attente. Le roman pose aussi une question simple et durable : que peut un homme libre face à la loi qui l'enserre ? Il reste l'une des entrées les plus directes dans la littérature de la nature en France. Sa langue, volontairement dense, demande un peu d'attention, mais récompense le lecteur qui accepte de la suivre au rythme de la marche.