IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Raboliot
ŒUVRE N° 1900 — ROMAN — FRANCE — 1925

Raboliot

1925 · Roman · Maurice Genevoix
Un braconnier de Sologne, poursuivi par un garde, devient un fugitif : prix Goncourt 1925.
Pourquoi le lire — Pierre Fouques, dit Raboliot, est braconnier dans la Sologne, un pays d'étangs, de brandes et de forêts. Contre le garde et les règlements, il vit de sa liberté, de sa ruse et de sa connaissance du terrain. Genevoix en fait un roman de traque, où la nature n'est pas un décor mais une présence constante, et où la rivalité entre un homme et l'ordre établi devient le sujet central. Prix Goncourt 1925.

Contexte d'écriture § 01

  • Années 1920 Genevoix séjourne en Sologne, chez un garde, entre la Sauldre et le Beuvron, et y puise la matière de son roman.
  • 1922 Il reçoit le prix Blumenthal pour Remi des Rauches, qui annonce déjà son goût pour la vie rurale.
  • 1925 Raboliot paraît chez Grasset et obtient le prix Goncourt la même année.
  • 1946 Jacques Daroy en tire un film.
  • 1952 Genevoix remanie son texte pour l'édition du Livre de poche, en supprimant de nombreux passages jugés trop précieux ou trop techniques.

Structure § 02

Le roman est situé en Sologne, dans la région de Brinon-sur-Sauldre, dont Genevoix transpose les lieux. Il suit Raboliot, bûcheron et braconnier, que sa passion de braconner met en conflit avec Bourrel, qui le poursuit, et avec Volat, son rival. L'action suit les gestes du braconnage, la tension entre poursuivant et poursuivi, jusqu'à une issue dramatique.

Le récit alterne scènes d'action et passages descriptifs, où le paysage reflète l'état d'esprit du personnage. Genevoix y emploie un vocabulaire technique de chasse et de campagne, ainsi qu'une langue poétique, très travaillée. La critique y reconnaît l'influence de Maupassant, notamment dans l'économie du récit et la manière de faire sentir le pays.

Réception § 03

Raboliot reçoit le prix Goncourt en 1925, et reste l'un des romans les plus connus de Genevoix, que l'on considère souvent comme son livre le plus abouti. Il s'appuie sur une documentation de terrain : Genevoix a vécu auprès d'un garde et en a gardé les noms de lieux, qu'il transpose.

Genevoix lui-même a jugé que l'écriture de la première édition était parfois trop recherchée : pour l'édition de poche de 1952, il a retiré environ 785 lignes, soit vingt-six pages, de termes trop techniques et d'effets de style. Le livre a inspiré un film en 1946 et plusieurs adaptations télévisées.

Pourquoi il compte encore § 04

Raboliot conserve la saveur d'un pays et d'un métier disparus, sans en faire une carte postale. On y sent le froid, la boue, le gibier, l'attente. Le roman pose aussi une question simple et durable : que peut un homme libre face à la loi qui l'enserre ? Il reste l'une des entrées les plus directes dans la littérature de la nature en France. Sa langue, volontairement dense, demande un peu d'attention, mais récompense le lecteur qui accepte de la suivre au rythme de la marche.