Ceux de 14 est constitué de cinq livres qui se suivent chronologiquement. Le premier, Sous Verdun, couvre la période d'août à octobre 1914 ; les suivants poursuivent le récit de la vie au front, des cantonnements, des relèves, des assauts, jusqu'aux Éparges, où se concentre l'essentiel des combats du printemps 1915.
Genevoix écrit à la première personne, d'après ses notes de combattant. Il ne s'attache pas à une intrigue : il fait défiler des scènes de marche, de bivouac, d'attaque, de repos, et donne une place centrale à ses hommes, désignés par leur nom. La composition en cinq volumes, remaniée en 1949, garde cette allure de journal où l'événement militaire n'est jamais séparé de la sensation immédiate.
Le premier volume, Sous Verdun, est remarqué dès sa parution en 1916 : il est considéré pour le prix Goncourt, tandis que Nuits de guerre est distingué par le prix Femina. L'Académie française attribue ensemble aux deux livres le prix Marcelin Guérin. Le premier volume est même traduit en anglais dès 1916.
Au fil des décennies, l'ensemble, remanié en 1949, s'impose comme l'un des témoignages majeurs de la guerre de 1914-1918. Le transfert des cendres de Genevoix au Panthéon en 2020, à l'occasion du centenaire de l'armistice, en a fait un symbole de la mémoire des combattants.
Le livre compte parce qu'il donne à voir la guerre à hauteur de soldat, sans emphase et sans haine, avec une honnêteté qui désarme. Genevoix refuse le grand récit héroïque comme le pamphlet : il garde en mémoire les noms, les visages, les phrases, et refuse que les morts s'effacent. Sa précision d'observateur et sa langue directe en font aussi une œuvre littéraire à part entière. Pour comprendre ce qu'a été l'expérience des tranchées, c'est un point d'entrée majeur.