Le recueil rassemble huit essais, écrits entre 1956 et 1963, que l'auteur présente comme un manifeste. On y trouve notamment « Une voie pour le roman futur », « Nature, humanisme, tragédie », « Sur quelques notions périmées : le personnage, l'histoire, l'engagement, la forme et le contenu » et « Du réalisme à la réalité ».
Robbe-Grillet y critique le roman balzacien, fondé sur un personnage psychologiquement cohérent, une intrigue qui progresse vers un dénouement, un narrateur qui détient la vérité. Il y oppose une écriture attentive aux objets, au regard, au temps incertain. L'ensemble est polémique, mais l'auteur répète qu'il n'est pas un théoricien : il décrit ce que fait selon lui le roman contemporain.
Le recueil paraît en 1963, au moment où le Nouveau Roman est devenu un mouvement identifié, à la fois admiré et contesté. Il est tout de suite lu comme le manifeste du groupe, même si Robbe-Grillet y parle en son nom propre et si les autres écrivains ne partagent pas tous ses positions.
Il a provoqué de nombreuses controverses sur la place du personnage, de l'engagement et de la psychologie dans le roman. Il reste, avec les essais de Nathalie Sarraute (L'Ère du soupçon), l'un des textes fondamentaux pour comprendre ce mouvement.
Le livre compte parce qu'il donne les arguments d'un renouvellement du roman, et que ces arguments continuent de provoquer. On peut ne pas partager ses positions, mais elles obligent à se demander ce qu'est un personnage, ce que signifie raconter, et ce que le lecteur attend d'un roman. Pour qui lit Robbe-Grillet ou le Nouveau Roman, c'est un complément indispensable, et pour qui s'intéresse à l'histoire littéraire du XXe siècle, un document de première main.