La comédie met en scène des maîtres et leurs valets naufragés sur une île où la coutume veut que les esclaves prennent la place de leurs maîtres et réciproquement, un renversement qui force chacun à faire l'expérience de la condition de l'autre. Ce dispositif utopique, hérité de la tradition de la comédie sociale, permet à Marivaux de faire réfléchir son public sur l'arbitraire des hiérarchies sociales sans jamais quitter le ton de la comédie légère, la reprise finale de l'ordre initial venant tempérer la portée subversive du propos.
La pièce est bien accueillie à sa création à la Comédie-Française, confirmant la place grandissante de Marivaux dans le paysage théâtral parisien, et ouvre la voie à ses autres comédies philosophiques à cadre utopique des décennies suivantes.
La comédie demeure une référence pour comprendre la dimension philosophique et sociale du théâtre de Marivaux, son dispositif d'inversion des rôles continuant d'être étudié comme une réflexion précoce, bien que prudente, sur l'arbitraire des hiérarchies sociales.