Silvia, destinée à épouser Dorante qu'elle ne connaît pas encore, obtient de son père la permission d'échanger son identité avec celle de sa servante afin d'observer son prétendant sans être reconnue ; de son côté, Dorante, animé de la même idée, échange également son rôle avec son valet. Cette double substitution donne naissance à un jeu de masques où chacun s'éprend, sans le savoir, de la personne qu'il croit être d'un rang social différent du sien, la pièce construisant son intrigue autour des motifs rivaux de la naissance et du mérite, de l'apparence et de l'authenticité.
La comédie s'impose rapidement comme l'œuvre la plus célèbre de Marivaux, devenant l'une des pièces les plus régulièrement reprises du répertoire théâtral français, une reconnaissance qui n'a cessé de croître depuis sa création jusqu'à nos jours.
La comédie demeure l'exemple le plus accompli du marivaudage, son jeu subtil sur l'identité et le sentiment amoureux continuant d'être étudié et représenté comme l'un des sommets de la comédie française du XVIIIe siècle.