Le poème prend la forme détournée d'un texte juridique, le testament, tourné en dérision, s'ouvrant sur une première partie très expressive où le poète se plaint de son malheur, avant une deuxième partie où il lègue ses biens à une liste de légataires, prenant le prétexte d'une mort prochaine pour transformer le texte en une méditation sur la mort où le testamentaire se livre avec virulence. Villon y déploie un savant mélange des tons, la bouffonnerie se mêlant à la gravité, l'émotion à la raillerie, la tristesse à la débauche, insérant au fil du texte ses ballades les plus célèbres, dont la Ballade des dames du temps jadis et son vers immortel sur les neiges d'antan.
Le poème s'impose dès sa diffusion manuscrite comme le chef-d'œuvre de Villon, édité dès 1489 chez Pierre Levet puis par d'autres éditeurs tout au long du XVIe siècle, dont le poète Clément Marot lui-même, contribuant à faire de Villon l'auteur médiéval français le plus lu aujourd'hui.
Le poème demeure l'œuvre la plus universellement célébrée de Villon, son bilan poétique d'une existence tourmentée continuant d'être étudié comme l'un des tout premiers grands textes de la poésie personnelle et moderne de langue française.