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FICHE N° 0256 — LITT. FRANÇAISE — POÉSIE MÉDIÉVALE — XVe S.

François Villon

v. 1431 – après 1463 · France · Langue moyen français
Poète — figure du poète maudit, auteur le plus lu du Moyen Âge français, premier grand poète lyrique de langue française.
Pourquoi le lire — Né François de Montcorbier à Paris au sein d'une famille pauvre, orphelin très jeune de son père, Villon est recueilli par le chanoine Guillaume de Villon, dont il adopte le nom, et semble d'abord destiné, après des études brillantes à l'université de Paris, à devenir clerc. Sa vie bascule pourtant vers le crime et l'errance, entre rixes, vols et condamnations, cette existence tumultueuse nourrissant directement une œuvre brève mais bouleversante, considérée comme la première voix authentiquement personnelle et moderne de la poésie française.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Né François de Montcorbier vers 1431 à Paris, au sein d'une famille pauvre, orphelin très jeune de son père, recueilli par Guillaume de Villon, chanoine de l'église Saint-Benoît-le-Bétourné, non loin de la Sorbonne, dont il adopte le nom.
  • Les études universitaires Est étudiant à Paris de 1443 à 1452, devenant bachelier en 1449 puis licencié et maître ès arts de l'université de Paris en 1452, semblant destiné à devenir clerc.
  • Les mauvais garçons Fréquente pourtant des brigands et devient rapidement un « mauvais garçon », condamné à plusieurs reprises, blessant mortellement un prêtre au cours d'une rixe en 1455, tournant décisif de son existence.
  • 1456 — Le Lais Participe la même année au cambriolage du collège de Navarre, rédigeant Le Lais, aussi appelé Petit Testament, suite d'octaves spirituelles contenant une série de legs ironiques à ses amis.
  • L'errance et les cours princières Mène ensuite une existence tantôt exilée, tantôt voyageuse, fréquentant les cours de Charles d'Orléans, où il participe au concours de poésie de Blois, puis celle du duc de Bourbon.
  • Vers 1461 — Le Testament Rédige, après sa libération de la prison de Meung-sur-Loire accordée par grâce royale, Le Testament, aussi appelé Grand Testament, long poème d'environ deux mille vers dans lequel s'insèrent ses ballades les plus célèbres, s'ouvrant sur un bilan amer de sa propre existence.
  • 1462 — l'arrestation et la Ballade des pendus Est de nouveau arrêté à Paris lors d'une dispute, condamné à être pendu, rédigeant probablement durant son incarcération au Grand Châtelet, dans l'attente anxieuse du rendu de son appel, la célèbre Ballade des pendus.
  • 1463 — la disparition Voit sa peine commuée le 5 janvier en un bannissement de dix ans hors de Paris, avant que sa trace ne se perde définitivement au début de cette même année, la date et les circonstances de sa mort demeurant à ce jour inconnues.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Le Testament (v. 1461) — Le meilleur point d'entrée : son chef-d'œuvre, bilan poétique d'une existence tourmentée.
Ballade des pendus (1462-1463) — Son poème le plus célèbre, composé dans l'attente de son exécution.
Le Lais (1456) — Son premier grand poème, suite de legs ironiques.
Ballade des dames du temps jadis — Sa ballade la plus citée, insérée dans Le Testament.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Reconnu comme le premier poète lyrique à composer véritablement à partir de sa propre expérience vécue, Villon peut à ce titre être considéré comme le tout premier poète moderne de la littérature française, sa voix personnelle, presque intime, tranchant radicalement avec la poésie courtoise conventionnelle de son temps. Auteur le plus lu aujourd'hui parmi les écrivains médiévaux français, il ne laisse pourtant derrière lui qu'une œuvre de quelques milliers de vers seulement, Le Lais et Le Testament principalement, qui traversent pourtant près de six siècles d'histoire littéraire, édités dès 1489 chez Pierre Levet puis, tout au long du XVIe siècle, par d'autres éditeurs dont le poète Clément Marot lui-même. Sa poésie mêle avec un art consommé la bouffonnerie et la gravité, l'émotion et la raillerie, la tristesse et la débauche, le trait piquant se terminant souvent avec mélancolie sur le sentiment du néant des choses et des êtres, dans un savant mélange des tons qui préfigure une sensibilité résolument moderne.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une poésie qui parle de soi sans détour, pauvreté, prison, amours perdues, peur de vieillir et de mourir, dans un moyen français à la fois pittoresque et sincère, riche de crudités de langage caractéristiques des poètes de son époque. Cette écriture, structurée en octosyllabes dans Le Lais et Le Testament ou en décasyllabes dans la Ballade des pendus, mélange savamment les tons, la bouffonnerie côtoyant la gravité, l'émotion la raillerie, dans une composition d'une grande richesse formelle qui reprend et détourne les codes des rondeaux et des ballades médiévales. Pour un premier contact, Le Testament offre l'entrée la plus fondatrice de son œuvre, bilan amer et poignant d'une existence tourmentée, contenant la célèbre Ballade des dames du temps jadis et son vers immortel sur les neiges d'antan ; la Ballade des pendus permet d'aborder pleinement sa voix la plus bouleversante, appel à la fraternité et à la charité chrétienne composé dans l'ombre du gibet.