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ŒUVRE N° 1575 — ROMAN — FRANCE — 2007

Le Rapport de Brodeck

2007 · Roman · Philippe Claudel
Un village d'après-guerre, un crime collectif, un homme chargé d'écrire le rapport.
Pourquoi le lire — Dans un village de montagne, au lendemain de la guerre, un étranger, l'Anderer, est mort sous les coups des habitants. Brodeck, simple « écrivant » revenu d'un camp de déportation, est chargé de rédiger le rapport officiel. En l'écrivant, il rassemble ce que chacun sait, tait et regrette. Claudel fait de cette fable noire une réflexion sur la lâcheté collective, la xénophobie et ce qu'on doit à ceux qui dérangent.

Contexte d'écriture § 01

  • 2003–2005 Claudel publie Les Âmes grises (2003) et La Petite Fille de Monsieur Linh (2005), ses premiers grands succès.
  • 2007 Le Rapport de Brodeck paraît aux éditions Stock, en 375 pages.
  • 2007 Il reçoit le prix Goncourt des lycéens.
  • 2008–2009 Il reçoit le prix des libraires du Québec 2008 (roman hors Québec) et le prix des lecteurs du Livre de poche 2009.
  • Adaptations Manu Larcenet l'adapte en bande dessinée chez Dargaud, en deux tomes (L'Autre et L'Indicible) ; Valérie Zipper en tire une pièce de théâtre.

Structure § 02

Le roman est la mise par écrit du rapport demandé à Brodeck : au fil des pages, il raconte la mort de l'Anderer, étranger arrivé au village, tué par les habitants dans l'auberge, et l'événement que les villageois appellent « l'Ereigniës ». Mais il y mêle des souvenirs plus anciens, ceux de sa déportation. Brodeck rédige deux textes en parallèle : le rapport officiel, et un récit personnel, caché, de ce qu'il a vu. Claudel invente un village sans nom, une langue aux sonorités germaniques et un temps vague, ce qui donne au récit sa dimension de parabole, ou de fable. Le ton est grave, la construction très méthodique, et l'écriture limpide.

Réception § 03

Le roman reçoit le prix Goncourt des lycéens en 2007, le prix des libraires du Québec en 2008 et le prix des lecteurs du Livre de poche en 2009. Il est adapté en bande dessinée par Manu Larcenet, en deux albums chez Dargaud, et au théâtre par Valérie Zipper (compagnie du Chien jaune). Claudel lui-même le décrit comme « une sorte de parabole, de fable ». Il est considéré comme son roman le plus ambitieux.

Pourquoi il compte encore § 04

Le Rapport de Brodeck pose, sous la forme d'un récit, une question qui reste actuelle : comment une communauté ordinaire en vient-elle à commettre un crime ensemble, puis à vouloir l'oublier ? Sans nommer la guerre ni les camps, il en parle avec une précision qui tient à la fable. Il prolonge Les Âmes grises par la même interrogation sur la culpabilité, avec une ampleur plus grande, et reste le roman à lire pour qui veut mesurer toute la portée de l'écriture de Claudel.