Le roman est très court : une centaine de pages environ, que l'on lit en une soirée. Il suit M. Linh, arrivé dans une ville étrangère, sans nom, avec Sang Diû, sa petite-fille. Sur un banc, au bord de l'eau, il fait la connaissance de M. Bark, avec qui il s'entend sans partager de langue. Le récit se déroule au présent, du point de vue de Linh, et donne au lecteur la sensation d'un monde brusquement devenu incompréhensible : les enseignes, les voitures, les gestes. Claudel retient les thèmes de l'exil, de la mémoire, de l'isolement, et réserve au récit un retournement qui en modifie la lecture.
Le roman est accueilli par la critique. Le Monde des livres salue « un récit aussi bref que brûlant dont les braises ne s'éteignent pas ». Il confirme le succès de Claudel après Les Âmes grises, et montre qu'il peut aussi bien écrire une fable douce qu'un roman policier sombre. Il est lu dans de nombreux pays, souvent en classe, pour sa brièveté, et nourrit la réflexion sur l'accueil des exilés.
Le livre est devenu l'un des textes brefs les plus lus de la littérature française récente, parce qu'il parle sans pathos d'un sujet de société : l'exil, la solitude de ceux qui n'ont plus leur langue, le besoin d'un geste d'accueil. Il offre une fable lisible par tous, portée par une écriture sans artifice. Pour qui veut découvrir Claudel sans s'engager dans un long roman, il en est le meilleur échantillon.