Argan, hypocondriaque convaincu d'être gravement malade, se laisse manipuler par des médecins qui multiplient les traitements coûteux et inutiles pour mieux profiter de sa crédulité. La pièce, ponctuée d'intermèdes musicaux et dansés, tourne en dérision non pas les médecins en tant que personnes mais le ridicule de la médecine elle-même comme institution — une nuance que le personnage de Béralde formule explicitement dans la pièce.
Les circonstances tragiques de sa création — la mort de Molière quelques heures après l'avoir jouée — ont jeté une ombre durable sur la réception de la pièce, poussant certains commentateurs à y voir une forme de prescience macabre, malgré la gaieté vigoureuse du texte lui-même.
La coïncidence entre la fiction et la réalité — un homme jouant un malade imaginaire alors qu'il est réellement mourant — reste l'un des épisodes les plus frappants de toute l'histoire du théâtre, et continue d'influencer la manière dont la pièce est mise en scène et reçue aujourd'hui.