La pièce se joue dans un seul lieu, le salon d'un couple parisien, et dans un temps continu, celui de la visite. Quatre personnages seulement : Véronique et Michel, Annette et Alain. Elle est en un seul acte, sans coupure, ce qui donne à la rencontre une tension croissante.
La structure suit une escalade : politesse, reproches, retournements d'alliances (couple contre couple, hommes contre femmes, chacun contre tous), puis effondrement des convenances. Les enfants ne paraissent pas : leur querelle n'est que le prétexte. Reza joue de la parole, des téléphones, des objets, de l'alcool, pour faire monter le comique et le malaise.
Créée à Zurich fin 2006, la pièce est présentée à Paris début 2008 et rencontre un grand succès à l'étranger, à Londres, à New York, mais aussi en Espagne, au Canada, au Japon, en Corée, au Liban et en Russie. Elle vaut à Valérie Bonneton un Molière en 2008, et à Broadway trois Tony Awards en 2009, dont celui de la meilleure pièce.
Roman Polanski l'adapte en 2011 dans Carnage, en déplaçant l'action à New York et en anglicisant les noms des personnages ; Reza reçoit un César de la meilleure adaptation en 2012.
Le Dieu du carnage est devenu l'une des comédies contemporaines les plus jouées, parce qu'elle fait rire d'une situation que tout le monde reconnaît : la dispute entre parents d'enfants, où les bonnes manières cèdent. Sous la farce, elle dit que la violence n'est jamais loin des salons, et que les convenances sont une mince protection. Avec « Art », elle donne la meilleure introduction à l'écriture dramatique de Reza.