IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Le Dieu du carnage
ŒUVRE N° 1589 — THÉÂTRE — FRANCE — 2006

Le Dieu du carnage

2006 · Pièce · Yasmina Reza
Deux couples bien élevés, un incident entre enfants, une soirée qui tourne au carnage.
Pourquoi le lire — À la suite d'une bagarre entre leurs fils de onze ans, deux couples se retrouvent dans un appartement pour régler l'affaire à l'amiable. Véronique et Michel Houillé reçoivent Annette et Alain Reille. La conversation commence avec courtoisie, puis les masques tombent : on boit, on s'accuse, on se déchire, les alliances changent de camp. Yasmina Reza fait de cette comédie en temps réel un tableau drôle et cruel de la violence ordinaire et de la civilisation qui la masque.

Contexte d'écriture § 01

  • 2006 Le Dieu du carnage est créé en allemand, en décembre, au Schauspielhaus de Zurich, dans une mise en scène de Jürgen Gosch.
  • 2008 La pièce est présentée à Paris, en janvier, au théâtre Antoine, dans une mise en scène de l'autrice, avec Isabelle Huppert, André Marcon, Valérie Bonneton et Éric Elmosnino.
  • 2008 Valérie Bonneton reçoit un Molière pour son rôle.
  • 2009 La pièce est jouée à Broadway, au Bernard B. Jacobs Theatre, à partir de mars, et obtient trois Tony Awards, dont celui de la meilleure pièce.
  • 2011 Roman Polanski en tire le film Carnage.

Structure § 02

La pièce se joue dans un seul lieu, le salon d'un couple parisien, et dans un temps continu, celui de la visite. Quatre personnages seulement : Véronique et Michel, Annette et Alain. Elle est en un seul acte, sans coupure, ce qui donne à la rencontre une tension croissante.

La structure suit une escalade : politesse, reproches, retournements d'alliances (couple contre couple, hommes contre femmes, chacun contre tous), puis effondrement des convenances. Les enfants ne paraissent pas : leur querelle n'est que le prétexte. Reza joue de la parole, des téléphones, des objets, de l'alcool, pour faire monter le comique et le malaise.

Réception § 03

Créée à Zurich fin 2006, la pièce est présentée à Paris début 2008 et rencontre un grand succès à l'étranger, à Londres, à New York, mais aussi en Espagne, au Canada, au Japon, en Corée, au Liban et en Russie. Elle vaut à Valérie Bonneton un Molière en 2008, et à Broadway trois Tony Awards en 2009, dont celui de la meilleure pièce.

Roman Polanski l'adapte en 2011 dans Carnage, en déplaçant l'action à New York et en anglicisant les noms des personnages ; Reza reçoit un César de la meilleure adaptation en 2012.

Pourquoi il compte encore § 04

Le Dieu du carnage est devenu l'une des comédies contemporaines les plus jouées, parce qu'elle fait rire d'une situation que tout le monde reconnaît : la dispute entre parents d'enfants, où les bonnes manières cèdent. Sous la farce, elle dit que la violence n'est jamais loin des salons, et que les convenances sont une mince protection. Avec « Art », elle donne la meilleure introduction à l'écriture dramatique de Reza.