Le roman est raconté à la première personne par Élisabeth. Le roman commence par la fête, où se croisent des invités variés ; dans les heures qui suivent, un drame conjugal éclate et Élisabeth s'y trouve involontairement mêlée. L'intrigue passe de la comédie à l'enquête, avec une tension de roman policier.
Le titre renvoie au psaume 137 (« Au bord des fleuves de Babylone »), qui dit l'exil, la perte et la nostalgie. Cette référence éclaire le livre : derrière la fête, c'est la solitude et la sensation d'être étranger à sa propre vie qui travaillent le récit.
Le roman paraît en 2016 chez Flammarion et reçoit le prix Renaudot la même année. La critique salue le mélange des genres : Le Figaro y voit une alternance de désespoir existentiel et de moments légers, de cocktail mondain et de thriller sanglant ; Le Monde, une enquête à la fois amusante et profonde sur nos existences ordinaires ; Télérama, une variation sarcastique sur la solitude, le couple et l'abandon ; Le Temps, un vaudeville grinçant, teinté d'exil et de solitude. Cette diversité de lectures tient à la nature du livre, entre comédie de mœurs, roman policier et méditation sur la solitude.
Babylone montre que Reza, dramaturge, sait aussi mener un roman : mêmes dialogues vifs, même art de faire passer l'inquiétude derrière la banalité. Le livre se lit d'une traite et laisse une impression plus sombre que sa première moitié ne le laisse prévoir. C'est une bonne porte d'entrée dans sa prose, et un bon complément à son théâtre pour qui aime les huis clos sociaux, où la sociabilité la plus ordinaire peut basculer en quelques heures.