L'intrigue se déroule en deux mouvements. Le premier suit les rapports troubles de Montalbano avec le chef mafieux Tano il Greco, qui organise sa propre arrestation ; le second, sur les traces d'un trafic d'armes, conduit le commissaire à une grotte où deux jeunes amants, tués durant la Seconde Guerre mondiale, reposent près d'un chien de céramique. Camilleri y mêle la chronique d'une Sicile moderne et un mystère plus ancien, inspiré, dans l'explication, de la légende des Sept Dormants. La tonalité alterne entre l'humour des scènes de commissariat et la gravité de l'enquête sur le passé, soutenue par des personnages secondaires nombreux.
Publié en 1996, le roman s'inscrit dans les années où la série s'impose en Italie. Il est traduit en anglais en 2002 par Stephen Sartarelli et en français chez Fayard, et la RAI l'adapte en 2000, avec Luca Zingaretti. Il unit une enquête policière à une réflexion sur la mémoire et sur la guerre.
Le Chien de faïence montre que le polar peut aller de la mafia à la mémoire d'une société, sans cesser d'être drôle. Il approfondit le personnage de Montalbano et donne à la série sa dimension historique. Pour qui a lu La Forme de l'eau, c'est la suite naturelle ; pour qui commence par lui, c'est un roman qui se lit seul.