Le narrateur héberge Albertine dans son appartement parisien, cherchant à contrôler chacun de ses gestes par une jalousie maladive qui l'empêche pourtant d'atteindre la certitude qu'il recherche. Le tome pousse à son paroxysme la réflexion proustienne sur l'impossibilité de véritablement connaître et posséder un autre être, quelle que soit la surveillance qu'on exerce sur lui.
Bien que publié sans la relecture finale de son auteur, le tome est considéré comme l'une des explorations les plus poussées de la psychologie de la jalousie dans toute la littérature française, prolongeant avec une intensité accrue les thèmes déjà présents dans « Un amour de Swann ».
Le tome montre jusqu'où Proust pousse sa réflexion sur l'amour comme projection plutôt que comme véritable connaissance de l'autre — la captivité d'Albertine n'apaise jamais la jalousie du narrateur, elle ne fait que déplacer son objet.