Le roman est composé de trois « cahiers », précédés d'un préambule et suivis d'un épilogue d'un narrateur anonyme. Il y décrit trois photographies du héros, enfant, adolescent et adulte. Dans les cahiers, Ōba Yōzō retrace son enfance, où il apprend à jouer le bouffon pour dissimuler sa peur des autres, sa vie d'étudiant, ses liaisons, ses tentatives de suicide, son addiction, son internement en hôpital psychiatrique. Le texte est à la première personne, avec une voix désabusée, fragile, qui avoue plutôt qu'elle n'explique.
Le roman paraît en 1948, en feuilleton puis en volume, au moment de la mort de l'auteur. Il est devenu l'un des classiques de la littérature japonaise de l'après-guerre, et l'un des titres les plus réédités en poche, notamment chez Shinchōsha. Traduit en anglais par Donald Keene (1958), puis retraduit depuis, il connaît un regain d'intérêt chez de jeunes lecteurs, y compris sur les réseaux sociaux. Il a fait l'objet de nombreuses adaptations, dont une bande dessinée de Junji Ito (2017-2018).
La Déchéance d'un homme est le livre où la honte se dit sans filtre : celui qui ne se sent pas fait pour la vie parmi les autres. Il touche quiconque a joué la comédie pour être accepté. Il compte comme l'une des confessions les plus honnêtes de la littérature japonaise, et reste lu bien au-delà de son époque, car il parle d'aliénation avec une grande simplicité.