Courte, la nouvelle se déroule en trois jours. Mélos, berger simple, apprend que le roi Denys fait exécuter ceux qu'il soupçonne ; il tente de le tuer, est capturé et condamné. Il demande trois jours pour marier sa sœur et propose son ami Selinuntius comme garantie. La suite est une course à travers obstacles : crue d'une rivière, bandits, fatigue, découragement, au point que Mélos cède un instant au doute. La narration est linéaire, rythmée par la course, avec des moments de tension et de découragement avant l'issue. La forme est celle d'un conte moral, très resserré.
Cours, Mélos ! est devenu un classique de la lecture scolaire au Japon, introduit dans les manuels en 1956 et lu surtout par des élèves de 13 à 15 ans. Longtemps valorisé pour sa valeur morale, il a été relu depuis les années 1970 pour ses qualités littéraires. Il a inspiré des adaptations, notamment en animation, des œuvres musicales et de nombreuses références dans la culture populaire japonaise.
Dans l'œuvre de Dazai, Cours, Mélos ! occupe une place à part : un récit lumineux, une confiance affirmée en l'autre, à l'opposé de la honte et de la déchéance de ses grands romans. Il rappelle que Dazai savait aussi écrire la loyauté. Pour le lecteur étranger, c'est une porte d'entrée courte et accessible vers son univers.