IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Écrivains › Osamu Dazai
FICHE N° 0563 — LITT. JAPONAISE — ROMAN — XXe S.

Osamu Dazai

1909 – 1948 · Japon · Langue japonaise
Écrivain japonais — auteur de La Déchéance d'un homme.
Pourquoi le lire — Osamu Dazai, de son vrai nom Shūji Tsushima, est l'une des voix majeures de la littérature japonaise du XXe siècle. Né en 1909 dans une riche famille du Tsugaru, il écrit une œuvre largement autobiographique, tournée vers la honte, la fragilité, l'humour désespéré et le refus de l'hypocrisie sociale. Après Cours, Mélos ! (1940), nouvelle devenue lecture scolaire, ses deux grands romans de l'après-guerre, Soleil couchant (1947) et La Déchéance d'un homme (1948), lui valent un immense écho. Il se noie en juin 1948, à trente-huit ans.

Biographie § 01 — le parcours

  • 19 juin 1909 Naît à Kanagi, dans le Tsugaru (préfecture d'Aomori), sous le nom de Shūji Tsushima, dans une riche famille de propriétaires terriens.
  • Enfance Son père siège à la Chambre des pairs ; il est élevé en grande partie par les domestiques, car sa mère, épuisée par ses nombreuses grossesses, est malade.
  • 1927 Le suicide de l'écrivain Akutagawa Ryūnosuke, qu'il admire, le marque profondément.
  • 1930 S'inscrit à la faculté de lettres françaises de l'université impériale de Tōkyō, qu'il délaisse aussitôt.
  • Années 1930 Se rapproche de l'écrivain Ibuse Masuji, qui l'aide à publier ses premiers textes. Ses tentatives de suicide et ses difficultés de vie nourrissent ses premiers récits.
  • 1940 — Cours, Mélos ! Publie la nouvelle inspirée d'une ballade de Schiller, devenue un classique de l'enseignement.
  • 1947 — Soleil couchant Publie le roman du déclin d'une famille aristocratique, qui rencontre un très grand succès.
  • 1948 — La Déchéance d'un homme Publie son roman le plus célèbre, semi-autobiographique.
  • 13 juin 1948 Se noie, avec une compagne, Tomie Yamazaki, dans le canal de Tamagawa, à Tōkyō.
  • Famille Marié à Michiko Ishihara, il est le père de plusieurs enfants, dont Yūko Tsushima, devenue elle aussi écrivaine.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Cours, Mélos ! (1940) — Mélos, condamné à mort, a trois jours pour revenir tenir sa promesse envers son ami laissé en otage.
Soleil couchant (1947) — Une jeune femme d'une famille aristocratique, ruinée par la guerre, cherche à vivre par l'amour.
La Déchéance d'un homme (1948) — Un homme confie, dans trois cahiers, sa vie de honte et de comédie sociale.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Dazai a fait de la confession une forme littéraire majeure au Japon. Son héros, souvent proche de lui-même, avoue sa honte, joue la comédie pour se faire accepter et ne parvient pas à s'intégrer à une société qui lui semble fausse. Cette voix fragile, drôle et désarmante, a touché les lecteurs de l'après-guerre, puis des générations de jeunes lecteurs. Il appartient au courant dit burai-ha (les « décadents »), et son œuvre a pesé sur de nombreux romanciers japonais. La Déchéance d'un homme reste l'un des romans japonais les plus lus, et Soleil couchant a donné au pays une expression, la « tribu du soleil couchant », pour parler de l'aristocratie déchue.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une langue simple, directe, familière, qui paraît parler à voix basse au lecteur. Le ton alterne l'humour, l'autodérision, l'aveu cru et la tendresse, avec des changements de registre brusques. Dazai excelle dans l'adresse directe et la fausse légèreté. Les textes courts reposent souvent sur une anecdote simple qui bascule, ce qui rend la lecture rapide. Le récit à la première personne domine, y compris quand il est mis dans la bouche d'une femme. Par où commencer : La Déchéance d'un homme, qui est son livre le plus connu et le plus représentatif ; Cours, Mélos ! pour une nouvelle brève et lumineuse, et Soleil couchant pour sa veine plus romanesque.

Articles liés § 05