Le recueil rassemble des nouvelles autonomes, construites comme des contes : un défi, une invention, un royaume à conseiller ou à sauver, une conséquence imprévue. Les deux héros, constructeurs de robots rivaux et amis, s'y affrontent ou s'y entraident. Les récits sont écrits dans le style des fables médiévales, avec rois, chevaliers et princesses, mais le décor est cosmique et les protagonistes sont des machines.
Le ton est celui de la parodie : néologismes, jeux de mots, vers pastichés, formules scientifiques inventées. Derrière l'humour, les fables traitent de grandes questions : la limite de la création, le pouvoir, la nature de l'art, la place de l'homme. L'édition anglaise est illustrée par Daniel Mróz.
La Cyberiade est l'un des livres les plus célèbres de Lem. Son humour et sa virtuosité verbale en font un cas à part dans la science-fiction ; la traduction en anglais par Michael Kandel, qui a recréé les jeux de mots et les néologismes, est elle-même souvent citée comme un tour de force. Le livre a été traduit en français par Dominique Sila, sous le même titre. Il reste très apprécié de ceux qui ne se reconnaissent pas dans les codes habituels du genre.
La Cyberiade montre que la science-fiction peut être une affaire de style et de rire. Lem y interroge, par le biais de la fable, les dangers de l'intelligence artificielle, les illusions de la toute-puissance technique et les limites de la création. Avec plus d'un demi-siècle de recul, ces questions n'ont rien perdu de leur pertinence. Le livre est aussi une leçon d'invention verbale, qui prouve que l'on peut aborder des sujets sérieux avec une liberté totale.