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ŒUVRE N° 1958 — SCIENCE-FICTION — POLOGNE — 1965

La Cyberiade

1965 · Recueil de nouvelles · Stanisław Lem
Deux constructeurs de robots parcourent l'univers, entre aventures et fables.
Pourquoi le lire — Deux constructeurs, Trurl et Clapaucius, parcourent l'univers à la façon de chevaliers errants et fabriquent des machines à tout faire : une machine à poésie, une machine qui peut tout créer, des civilisations miniatures. Leurs aventures, écrites dans une langue d'une inventivité folle, mêlent contes de fées, pastiches et réflexions sur la technique, l'art et le pouvoir. Le Lem le plus drôle, celui qui fait rire avant de faire réfléchir.

Contexte d'écriture § 01

  • 1959 Lem a déjà publié Eden et prépare Solaris ; son goût de la fable commence à s'affirmer.
  • 1964 Il publie Summa technologiae, essai sur l'avenir de la technique.
  • 1965 La Cyberiade paraît en Pologne.
  • 1974 La traduction anglaise de Michael Kandel, The Cyberiad, révèle le livre aux lecteurs américains.

Structure § 02

Le recueil rassemble des nouvelles autonomes, construites comme des contes : un défi, une invention, un royaume à conseiller ou à sauver, une conséquence imprévue. Les deux héros, constructeurs de robots rivaux et amis, s'y affrontent ou s'y entraident. Les récits sont écrits dans le style des fables médiévales, avec rois, chevaliers et princesses, mais le décor est cosmique et les protagonistes sont des machines.

Le ton est celui de la parodie : néologismes, jeux de mots, vers pastichés, formules scientifiques inventées. Derrière l'humour, les fables traitent de grandes questions : la limite de la création, le pouvoir, la nature de l'art, la place de l'homme. L'édition anglaise est illustrée par Daniel Mróz.

Réception § 03

La Cyberiade est l'un des livres les plus célèbres de Lem. Son humour et sa virtuosité verbale en font un cas à part dans la science-fiction ; la traduction en anglais par Michael Kandel, qui a recréé les jeux de mots et les néologismes, est elle-même souvent citée comme un tour de force. Le livre a été traduit en français par Dominique Sila, sous le même titre. Il reste très apprécié de ceux qui ne se reconnaissent pas dans les codes habituels du genre.

Pourquoi il compte encore § 04

La Cyberiade montre que la science-fiction peut être une affaire de style et de rire. Lem y interroge, par le biais de la fable, les dangers de l'intelligence artificielle, les illusions de la toute-puissance technique et les limites de la création. Avec plus d'un demi-siècle de recul, ces questions n'ont rien perdu de leur pertinence. Le livre est aussi une leçon d'invention verbale, qui prouve que l'on peut aborder des sujets sérieux avec une liberté totale.