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FICHE N° 0554 — LITT. POLONAISE — SCIENCE-FICTION — XXe S.

Stanisław Lem

1921 – 2006 · Pologne · Langue polonaise
Écrivain polonais de science-fiction — auteur de Solaris.
Pourquoi le lire — Stanisław Lem (1921-2006) est le plus grand nom de la science-fiction européenne. Médecin de formation, il a écrit des romans de contact manqué avec l'inconnu (Solaris), des fables d'une invention verbale éblouissante (La Cyberiade), des récits sur la fragilité des machines et des hommes (Récits du pilote Pirx), mais aussi des essais sur l'avenir de la technique. Traduit dans une quarantaine de langues, il refuse tout ce que le genre a de faciliste, et lui préfère l'étrangeté, l'humour et la philosophie.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Naît le 12 septembre 1921 à Lwów, alors en Pologne (aujourd'hui Lviv, en Ukraine).
  • Formation Commence ses études de médecine à Lwów, que la guerre interrompt ; il les reprend à l'université Jagellonne de Cracovie, mais évite délibérément de passer l'examen final pour échapper au service militaire en tant que médecin.
  • 1946 — Cracovie Après la guerre, s'installe à Cracovie, ville où il vivra l'essentiel de sa vie, et publie ses premiers textes.
  • 1951-1959 — débuts Publie Les Astronautes (1951), puis Le Nuage de Magellan (1955) ; Eden (1959) marque un tournant vers une SF plus philosophique.
  • 1961 — Solaris Publie Solaris, son roman le plus connu, ainsi que Retour des étoiles.
  • 1964-1965 — essai et fables Publie l'essai Summa technologiae (1964), qui spécule sur l'avenir de la technique, et La Cyberiade (1965).
  • 1968 Publie Les Récits du pilote Pirx et La Voix du Maître.
  • 1973-1976 — la SFWA Est admis comme membre honoraire de la Science Fiction and Fantasy Writers of America en 1973, puis en est exclu en 1976 après ses critiques sévères de la SF américaine, qu'il juge commerciale et faible ; seul Philip K. Dick trouve grâce à ses yeux.
  • Années 1980 Publie Golem XIV (1981) et Fiasco (1986), derniers grands romans, avant de se consacrer surtout à l'essai et à la chronique.
  • 2006 — la mort Meurt à Cracovie le 27 mars 2006 ; il avait reçu de nombreux doctorats honoris causa et l'ordre de l'Aigle blanc.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Solaris (1961) — Le psychologue Kris Kelvin arrive sur une station orbitale, au-dessus d'une planète recouverte d'un océan pensant, qui renvoie aux scientifiques des figures tirées de leur mémoire.
La Cyberiade (1965) — Les constructeurs Trurl et Clapaucius sillonnent l'univers et fabriquent des machines extravagantes, dans des fables burlesques d'une grande invention verbale.
Les Récits du pilote Pirx (1968) — Pirx, jeune pilote de l'espace sans éclat, affronte des situations où la machine déraille et où l'homme doit décider : des récits mêlant humour et inquiétude.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Lem a élargi les ambitions de la science-fiction : plutôt que la conquête de l'espace ou la guerre des étoiles, il met en scène l'échec de la communication avec l'inconnu, le caractère limité de l'intelligence humaine et la façon dont les technologies redéfinissent les valeurs. Il a tenu, avec Summa technologiae, l'un des premiers grands essais de prospective sur la cybernétique, la vie artificielle et la réalité virtuelle, dès 1964. Ses fables robotiques de La Cyberiade ont fait la preuve que le genre pouvait rivaliser avec la littérature la plus exigeante par la langue et l'esprit. Son refus de la SF américaine, jugée commerciale, lui a coûté son titre de membre de la SFWA, mais l'a placé comme une figure de référence. Solaris a été adapté par Andreï Tarkovski (1972) et Steven Soderbergh (2002).

Style § 04 — à quoi s'attendre

Des phrases souvent longues, qui mêlent précision scientifique, humour pince-sans-rire et inventions verbales. Lem pratique le pastiche (rapports d'expédition, bibliographies imaginaires, fables de chevalerie robotique) et excelle à décrire l'inconnu par ses effets sur ceux qui le rencontrent. Ses narrateurs sont souvent des scientifiques, parfois ironiques, toujours démunis devant l'incompréhensible. La part philosophique est importante, mais elle reste portée par le récit. Par où commencer : Solaris, pour sa force romanesque, ou La Cyberiade, plus joyeuse et plus drôle ; les Récits du pilote Pirx, plus classiques, constituent une bonne introduction au Lem des nouvelles.