Le texte reconstitue point par point les mécanismes de la machination judiciaire ayant conduit à la condamnation d'Alfred Dreyfus, accusant nommément plusieurs responsables militaires et politiques d'avoir sciemment couvert une erreur judiciaire, voire d'y avoir directement participé. La lettre, d'une audace inédite pour l'époque par la précision de ses accusations directes, met en jeu la propre responsabilité pénale de Zola, qui s'expose délibérément à des poursuites pour diffamation.
Le texte donne à l'affaire Dreyfus une résonance nationale et internationale immédiate, divisant profondément la société française entre dreyfusards et antidreyfusards ; Zola est condamné pour diffamation et contraint de s'exiler en Angleterre.
Le texte reste, plus d'un siècle après sa publication, la référence fondatrice de la figure de l'intellectuel engagé en France — un modèle d'écrivain prêt à risquer sa propre liberté au nom de la vérité et de la justice, dont la portée dépasse très largement le seul cadre littéraire.