Eugénie, fille unique du père Grandet, tonnelier devenu l'homme le plus riche de sa province par une avarice implacable, tombe amoureuse de son cousin Charles, ruiné et venu se réfugier chez eux. Le roman dresse le portrait d'une avarice comprise non comme un simple trait de caractère mais comme un véritable système économique, gouvernant chaque geste et chaque relation de la maison Grandet, jusqu'à la trahison finale que subit Eugénie de la part de celui qu'elle a aimé.
Le roman s'impose rapidement comme l'un des grands succès de Balzac, la précision de son analyse économique de l'avarice provinciale contribuant à installer sa réputation de romancier quasi sociologue de la société de son temps.
Le père Grandet, avare par système économique plutôt que par simple tempérament, offre un contrepoint éclairant à l'Harpagon de Molière, avare par tempérament — la comparaison entre les deux personnages illustre la différence de méthode entre le romancier réaliste du XIXe siècle et le dramaturge classique du XVIIe.