Le recueil comprend huit récits répartis en deux volumes. Le premier contient L'Homme au sable, Ignace Denner, L'Église des Jésuites à G. et Le Sanctus ; le second, La Maison déserte, Le Majorat, Le Vœu et Le Cœur de pierre. L'Homme au sable s'ouvre par trois lettres entre Nathanael, sa fiancée Clara et le frère de celle-ci, Lothar, avant que le narrateur prenne la parole. Nathanael est persuadé que Coppola, marchand de baromètres, est Coppelius, figure effrayante de son enfance ; il s'éprend d'Olimpia, fille du professeur Spallanzani, et découvre qu'elle est un automate. Clara incarne la raison des Lumières, Nathanael la sensibilité romantique, et le récit ne tranche jamais entre réalité et délire.
Contrairement aux Fantaisies à la manière de Callot, le recueil est largement ignoré par les Allemands à sa parution : le premier volume ne reçoit qu'un compte rendu défavorable, le second aucun. Goethe, notamment, le juge sévèrement. Il trouve un public plus favorable en Russie et en France, et L'Homme au sable devient l'une des œuvres les plus célèbres de Hoffmann. Le texte est au cœur de l'essai de Freud sur L'Inquiétante étrangeté (1919), qui y lit notamment l'angoisse de perdre les yeux. Il a inspiré des adaptations à l'opéra, au ballet et au cinéma.
L'Homme au sable pose une question que le fantastique n'a jamais cessé de poser : le monstre est-il dehors ou dans la tête du héros ? Hoffmann y ajoute l'automate, qui préfigure bien des récits sur les créatures artificielles. Les autres récits du recueil, histoires de maison hantée, de bandits, de biens maudits, montrent sa palette, de l'horreur à l'ironie. Une lecture brève, souvent proposée comme porte d'entrée, qui nourrit encore la psychanalyse, la littérature et le cinéma.