Titus, devenu empereur de Rome, aime profondément la reine Bérénice, mais la loi romaine interdit formellement qu'un empereur épouse une reine étrangère. Contraint de choisir entre son amour et son devoir envers Rome, Titus renonce à Bérénice dans une scène de séparation d'une intensité émotionnelle rare, sans qu'aucun personnage ne meure ni ne commette d'acte de violence — la tragédie tenant tout entière dans le déchirement intérieur des personnages.
La pièce, jugée trop élégiaque ou trop simple par certains contemporains habitués à des intrigues plus complexes, compte aujourd'hui parmi les grands succès de Racine, admirée précisément pour l'épure de sa construction dramatique.
La pièce démontre qu'une tragédie peut atteindre une intensité maximale sans recourir à la mort ni à la violence physique — la seule douleur de la séparation, portée par la musicalité de l'alexandrin racinien, suffit à produire l'effet tragique le plus pur.