IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Bérénice
ŒUVRE N° 0181 — THÉÂTRE (TRAGÉDIE) — FRANCE — 1670

Bérénice

1670 · Tragédie · Jean Racine
Sa tragédie la plus épurée — un empereur romain renonce à la femme qu'il aime parce que Rome interdit les reines étrangères.
Pourquoi la lire — La tragédie la plus épurée de Racine, réduite à l'essentiel : l'empereur romain Titus, qui aime la reine Bérénice, doit y renoncer parce que Rome n'accepte pas de reine étrangère sur son trône — sans meurtre, sans complot, seulement la douleur nue d'une séparation imposée par la raison d'État.

Contexte d'écriture § 01

  • 1670 Racine écrit et fait jouer cette pièce la même année que son grand rival Corneille traite le même sujet dans Tite et Bérénice — une coïncidence qui alimente durablement leur rivalité.
  • Le pari formel Racine relève ici un défi dramaturgique particulier : construire une tragédie entière sans intrigue secondaire, sans mort ni violence physique, uniquement fondée sur la douleur de la séparation.

Structure § 02

Titus, devenu empereur de Rome, aime profondément la reine Bérénice, mais la loi romaine interdit formellement qu'un empereur épouse une reine étrangère. Contraint de choisir entre son amour et son devoir envers Rome, Titus renonce à Bérénice dans une scène de séparation d'une intensité émotionnelle rare, sans qu'aucun personnage ne meure ni ne commette d'acte de violence — la tragédie tenant tout entière dans le déchirement intérieur des personnages.

Réception § 03

La pièce, jugée trop élégiaque ou trop simple par certains contemporains habitués à des intrigues plus complexes, compte aujourd'hui parmi les grands succès de Racine, admirée précisément pour l'épure de sa construction dramatique.

Pourquoi elle compte encore § 04

La pièce démontre qu'une tragédie peut atteindre une intensité maximale sans recourir à la mort ni à la violence physique — la seule douleur de la séparation, portée par la musicalité de l'alexandrin racinien, suffit à produire l'effet tragique le plus pur.