Comme chez Racine, Titus, devenu empereur, doit renoncer à son amour pour la reine étrangère Bérénice au nom de la raison d'État romaine. Corneille choisit cependant un traitement plus complexe, avec une intrigue secondaire mettant en scène Domitie, autre prétendante au cœur de Titus, ce qui distingue nettement sa version de l'épure radicale choisie par Racine pour la même histoire.
La pièce ne connaît qu'un succès mitigé face au triomphe remporté par la Bérénice de Racine, un résultat qui marque symboliquement le déclin définitif de la faveur du public envers Corneille au profit de son jeune rival.
La confrontation directe entre les deux versions du même sujet, écrites la même année par les deux plus grands dramaturges de leur siècle, offre un cas d'étude unique pour comprendre ce qui distingue fondamentalement l'art de Corneille de celui de Racine — l'un plus complexe dans l'intrigue, l'autre plus épuré dans l'émotion.