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ŒUVRE N° 0708 — ROMAN — ROYAUME-UNI — 1935

Auto-da-fé

1935 · Roman · Elias Canetti
Son roman le plus célébré, récit de la déchéance d'un érudit dans les bas-fonds grotesques d'une ville.
Pourquoi le lire — Le meilleur point d'entrée dans Canetti : un érudit reclus parmi ses livres, coupé de toute réalité sociale, sombre progressivement dans la déchéance et la destruction au contact des bas-fonds grotesques d'une ville, dans le roman moderniste tardif qui demeure son œuvre la plus célébrée.

Contexte d'écriture § 01

  • 1929-1935 Canetti compose ce roman à partir de 1929, année qu'il décrit lui-même comme la plus riche et la plus effrénée de sa vie, initialement conçu comme le premier volet d'une saga en huit romans inspirée de La Comédie humaine de Balzac.
  • Une réduction radicale Le vaste projet initial, qui devait suivre plusieurs personnages obsessionnels dont un fanatique religieux et un visionnaire technologique, se réduit finalement à ce seul roman centré sur la figure du « Book Man », l'homme des livres.

Structure § 02

Le roman retrace la déchéance et la destruction de Peter Kien, érudit reclus parmi sa vaste bibliothèque privée et coupé de toute réalité sociale, dont l'existence bascule progressivement dans les bas-fonds grotesques de la ville lorsque des figures troubles envahissent son univers protégé. Canetti y déploie une écriture d'une puissance visionnaire et d'une ironie mordante, transformant l'histoire individuelle de son personnage en une méditation plus large sur la folie, l'aveuglement et la fragilité de la civilisation face aux forces irrationnelles qui la menacent, préfigurant directement les préoccupations qui nourriront Masse et puissance vingt-cinq ans plus tard.

Réception § 03

Le roman s'impose comme une œuvre moderniste tardive largement célébrée, installant durablement la réputation de Canetti dans les lettres de langue allemande, quarante-six ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 1981.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman demeure l'œuvre la plus universellement lue de Canetti, sa vision grotesque et visionnaire de la déchéance humaine continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites du roman moderniste de langue allemande.