Le roman retrace la déchéance et la destruction de Peter Kien, érudit reclus parmi sa vaste bibliothèque privée et coupé de toute réalité sociale, dont l'existence bascule progressivement dans les bas-fonds grotesques de la ville lorsque des figures troubles envahissent son univers protégé. Canetti y déploie une écriture d'une puissance visionnaire et d'une ironie mordante, transformant l'histoire individuelle de son personnage en une méditation plus large sur la folie, l'aveuglement et la fragilité de la civilisation face aux forces irrationnelles qui la menacent, préfigurant directement les préoccupations qui nourriront Masse et puissance vingt-cinq ans plus tard.
Le roman s'impose comme une œuvre moderniste tardive largement célébrée, installant durablement la réputation de Canetti dans les lettres de langue allemande, quarante-six ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 1981.
Le roman demeure l'œuvre la plus universellement lue de Canetti, sa vision grotesque et visionnaire de la déchéance humaine continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites du roman moderniste de langue allemande.