Le roman en vers retrace, sur neuf livres en vers blancs, l'itinéraire d'Aurora Leigh, jeune femme orpheline élevée par une tante conservatrice qui refuse la proposition de mariage de son cousin Romney pour se consacrer entièrement à sa vocation de poète, abordant au passage des questions sociales et politiques aussi variées que la condition des femmes, la prostitution et les mouvements révolutionnaires italiens. Cette affirmation d'une vocation artistique féminine assumée contre les attentes matrimoniales de son époque, dans une forme qui mêle le roman de formation à l'épopée poétique, fait de l'œuvre un texte précurseur régulièrement relu aujourd'hui sous un angle féministe.
Le roman en vers connaît un immense succès populaire dès sa parution dans l'Angleterre victorienne, consolidant la réputation déjà considérable de Barrett Browning, avant de connaître, au XXe siècle, une relecture critique renouvelée à la lumière des études féministes qui y voient l'un des textes fondateurs de cette tradition.
Aurora Leigh demeure une référence essentielle pour l'histoire de la représentation littéraire de la vocation artistique féminine, son affirmation précoce du droit d'une femme à choisir l'art plutôt que le mariage continuant d'en faire un texte étudié dans une perspective féministe.