Le roman s'ouvre à l'enterrement de Molly Lane, photographe morte d'une maladie du cerveau. Autour d'elle se retrouvent plusieurs de ses anciens amants : Vernon Halliday, rédacteur en chef d'un quotidien, Clive Linley, compositeur à qui l'on a commandé une symphonie pour l'an 2000, et Julian Garmony, ministre des Affaires étrangères.
Le pacte d'euthanasie passé entre Clive et Vernon est tenu pour une promesse d'amitié. Il devient l'axe de la fin du récit lorsque Vernon veut publier des photographies privées de Garmony, que Clive juge indignes. Chacun se croit en position morale et le livre bascule, avec sa précision glacée, dans la farce noire. Le récit court et resserré alterne les deux points de vue, jusqu'au voyage à Amsterdam, où l'euthanasie est possible.
Amsterdam a été salué comme un livre sombre et réussi : Michiko Kakutani y voit un tour de force, une fable morale déguisée en thriller psychologique, et Douglas Hurd, président du jury, un examen sardonique et sage de la moralité et de la culture de l'époque.
Des évaluations plus tardives ont toutefois mis en cause l'exécution et la vraisemblance de l'intrigue. Le livre n'en a pas moins été très lu, et le Booker Prize 1998 a ainsi distingué un roman bref, comique et grave à la fois, qui a élargi le public de McEwan.
Amsterdam reste lu comme la satire la plus nette de McEwan, et un exemple de sa façon de faire d'un petit pacte privé le révélateur d'une époque : vanité des artistes, cynisme de la presse, hypocrisie politique. Sa brièveté et son humour noir en font une bonne entrée dans l'œuvre, et un livre qui aide à comprendre comment l'écrivain construit la responsabilité de ses personnages avec une froideur presque comptable.