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ŒUVRE N° 1627 — ROMAN — ROYAUME-UNI — 1998

Amsterdam

1998 · Roman · Ian McEwan
Deux vieux amis, un pacte funèbre, une satire grinçante : le roman qui lui vaut le Booker Prize.
Pourquoi le lire — Deux hommes se retrouvent aux obsèques de Molly Lane, leur ancienne maîtresse commune : Clive Linley, compositeur, et Vernon Halliday, directeur d'un journal. Ils concluent un pacte, s'aider à mourir si l'un d'eux perd ses facultés. Mais la querelle autour de photographies compromettantes d'un ministre transforme une amitié ancienne en piège, pour chacun, d'une obstination et d'une vanité symétriques. Un livre bref, au rythme tendu, où l'humour noir s'allie à une vraie réflexion morale. Il a valu à McEwan le Booker Prize.

Contexte d'écriture § 01

  • 1997 McEwan publie Délire d'amour, roman précédent.
  • 1998 Amsterdam paraît chez Jonathan Cape.
  • 1998 Le roman reçoit le Booker Prize la même année ; le jury est présidé par Douglas Hurd.
  • 1999 Parution de la traduction française chez Gallimard.

Structure § 02

Le roman s'ouvre à l'enterrement de Molly Lane, photographe morte d'une maladie du cerveau. Autour d'elle se retrouvent plusieurs de ses anciens amants : Vernon Halliday, rédacteur en chef d'un quotidien, Clive Linley, compositeur à qui l'on a commandé une symphonie pour l'an 2000, et Julian Garmony, ministre des Affaires étrangères.

Le pacte d'euthanasie passé entre Clive et Vernon est tenu pour une promesse d'amitié. Il devient l'axe de la fin du récit lorsque Vernon veut publier des photographies privées de Garmony, que Clive juge indignes. Chacun se croit en position morale et le livre bascule, avec sa précision glacée, dans la farce noire. Le récit court et resserré alterne les deux points de vue, jusqu'au voyage à Amsterdam, où l'euthanasie est possible.

Réception § 03

Amsterdam a été salué comme un livre sombre et réussi : Michiko Kakutani y voit un tour de force, une fable morale déguisée en thriller psychologique, et Douglas Hurd, président du jury, un examen sardonique et sage de la moralité et de la culture de l'époque.

Des évaluations plus tardives ont toutefois mis en cause l'exécution et la vraisemblance de l'intrigue. Le livre n'en a pas moins été très lu, et le Booker Prize 1998 a ainsi distingué un roman bref, comique et grave à la fois, qui a élargi le public de McEwan.

Pourquoi il compte encore § 04

Amsterdam reste lu comme la satire la plus nette de McEwan, et un exemple de sa façon de faire d'un petit pacte privé le révélateur d'une époque : vanité des artistes, cynisme de la presse, hypocrisie politique. Sa brièveté et son humour noir en font une bonne entrée dans l'œuvre, et un livre qui aide à comprendre comment l'écrivain construit la responsabilité de ses personnages avec une froideur presque comptable.