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FICHE N° 0280 — LITT. PERSANE — POÉSIE MYSTIQUE SOUFIE — XIIIe S.

Rûmî

1207 – 1273 · Empire seldjoukide (Turquie actuelle) · Langue persane
Poète, théologien et mystique — fondateur de l'ordre des derviches tourneurs, l'un des poètes les plus lus au monde aujourd'hui.
Pourquoi le lire — Né Djalāl ad-Dīn Muhammad Balkhi à Balkh, dans le Khorasan, la plus grande région de culture perse, aujourd'hui en Afghanistan, Rûmî fuit avec sa famille les invasions mongoles avant de s'établir à Konya, en Anatolie. Sa rencontre en 1244 avec le derviche errant Shams ed Dîn Tabrîzî bouleverse le cours de sa vie et de son œuvre, cette relation spirituelle nourrissant une poésie mystique d'une intensité rare, avant qu'il ne fonde à Konya l'ordre des derviches tourneurs et ne compose le Masnavi, surnommé le « Coran en persan », l'un des plus grands poèmes mystiques jamais écrits.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Né le 30 septembre 1207 à Balkh, dans le Khorasan de l'époque, la plus grande région de culture perse, dans l'actuel Afghanistan.
  • L'exil et Konya Fuit avec sa famille les invasions mongoles, entamant un long périple à travers le monde musulman qui le conduit finalement à Konya, en Anatolie, alors capitale du sultanat seldjoukide de Roum, où il succède à son père comme maître spirituel et juriste islamique, enseignant la théologie et le droit.
  • 1244 — la rencontre avec Shams Rencontre Shams ed Dîn Tabrîzî, derviche errant persan, dont le prénom peut être traduit par « soleil de la religion », qui devient son maître spirituel et bouleverse le cours de sa vie, cette rencontre marquant un tournant essentiel dans son existence et son œuvre.
  • La disparition de Shams Passe seize mois aux côtés de Shams avant que celui-ci ne soit contraint de fuir à Damas pour échapper à la jalousie des disciples de Rûmî, sa disparition, puis sa mort, plongeant Rûmî dans un chagrin qui devient l'une des sources majeures de sa poésie.
  • Le Divân de Shams de Tabriz Compose ce recueil de plus de quarante mille vers et plus de trois mille ghazals dédiés à la mémoire de son maître disparu, signant nombre de ces poèmes du nom même de Shams plutôt que du sien.
  • La fondation des derviches tourneurs Fonde à Konya l'ordre des mevlevis, couramment appelé « derviches tourneurs », l'une des principales confréries soufies, dont la pratique de la danse tournante rituelle devient l'une des expressions les plus reconnaissables du soufisme.
  • À partir de 1258 — le Masnavi Compose son œuvre principale, poème en six volumes qui reprend notamment à son compte certaines fables d'Ésope, considérée comme l'un des plus grands poèmes mystiques jamais écrits et parfois surnommée le « Coran en persan ».
  • Le titre de Mawlānā Reçoit très tôt le titre de Mawlānā, « notre maître », qui lui vaut également le nom de Mevlana en turc.
  • 1273 — la mort Meurt le 17 décembre à Konya, où sa tombe, devenue un lieu de pèlerinage majeur, attire aujourd'hui encore des visiteurs du monde entier.
  • 2007 — le huit-centième anniversaire Voit son anniversaire de naissance célébré à travers le monde, notamment à Konya, où l'UNESCO émet à cette occasion une médaille et une série de timbres en son honneur.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Masnavi — Le meilleur point d'entrée : son chef-d'œuvre, surnommé le « Coran en persan ».
Divân de Shams de Tabriz — Son recueil dédié à son maître spirituel disparu.
Fîhi Mâ Fîhi — Ses discours en prose sur la voie spirituelle.
Rubâiyât — Ses quatrains, forme brève de la poésie persane.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Rûmî a profondément influencé le soufisme et est considéré en Orient comme un grand maître spirituel musulman, son œuvre ayant marqué d'une empreinte ineffaçable la pensée religieuse de l'islam. Son Masnavi occupe un statut exalté dans le riche canon de la littérature soufie persane, considéré par les spécialistes comme le plus grand poème mystique jamais écrit, tandis que l'ordre des derviches tourneurs qu'il fonde à Konya perpétue jusqu'à aujourd'hui, à travers la danse rituelle, l'expression corporelle de sa quête spirituelle. Devenu l'un des poètes les plus lus au monde aujourd'hui, ses œuvres sont largement lues dans leur langue originale en Iran et dans tout le monde persanophone, tandis que leurs traductions connaissent une popularité considérable en Turquie, aux États-Unis et en Asie du Sud, sa poésie ayant influencé non seulement la littérature persane mais également la littérature turque et mondiale.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une poésie qui, tout en s'inscrivant dans la longue tradition soufie et les conventions métriques traditionnelles du ghazal, développe un style unique caractérisé par une forme presque extatique et improvisée, différente des œuvres plus mesurées d'autres poètes islamiques. Cette écriture parle sans cesse de l'amour qui infuse le monde entier, mêlant le chagrin de la perte et la joie extatique de l'union mystique, dans une théosophie de l'unité de l'être qui traverse chaque poème comme un fil reliant des perles. Pour un premier contact, le Masnavi offre l'entrée la plus complète dans son œuvre, vaste poème en six volumes qui explore la relation de l'homme à Dieu, à lui-même, aux autres et au monde naturel ; le Divân de Shams de Tabriz permet d'aborder pleinement sa veine la plus personnelle, chant d'amour et de deuil adressé au maître qui a bouleversé sa vie.