Pourquoi le lire — Ray Bradbury a fait entrer dans la science-fiction américaine une voix de conteur, nourrie de bibliothèques, de fêtes foraines et de souvenirs du Midwest. Né en 1920 à Waukegan (Illinois), mort en 2012 à Los Angeles, il a publié en trois ans Chroniques martiennes (1950), L'Homme illustré (1951) et Fahrenheit 451 (1953). On le lit pour sa prose imagée, pour sa mélancolie, et pour une défense obstinée du livre et de l'imagination face à la technique et au conformisme.
Biographie § 01 — le parcours
- Origines Naît à Waukegan (Illinois) le 22 août 1920, fils de Leonard Spaulding Bradbury, technicien, et d'Esther Marie Moberg, d'origine suédoise.
- Formation Termine ses études secondaires à Los Angeles High School en 1938 et n'entre pas à l'université ; il se forme dans les bibliothèques publiques et vend des journaux pour vivre.
- 1941 — premières publications Vend sa première nouvelle rémunérée, « Pendulum », au magazine de pulp Super Science Stories ; il publie ensuite dans de nombreuses revues spécialisées.
- 1947 — premier livre Publie le recueil Dark Carnival ; la même année, il épouse Marguerite McClure, avec laquelle il aura quatre filles.
- 1950 — Chroniques martiennes Réunit en un livre cohérent des récits consacrés à la colonisation de Mars, parus pour partie en revue depuis 1945.
- 1951 — L'Homme illustré Publie un recueil de dix-huit nouvelles, la plupart déjà parues en revue, reliées par un récit-cadre.
- 1953 — Fahrenheit 451 Tire de la nouvelle « The Fireman » (1951) un roman sur une société où l'on brûle les livres ; il l'écrit en grande partie dans la bibliothèque de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA).
- 1957–1962 — la veine fantastique Publie Le Vin de l'été (1957), souvenirs d'enfance transposés dans un Illinois imaginaire, puis La Foire des ténèbres (1962), roman fantastique.
- Distinctions Reçoit une étoile sur le Hollywood Walk of Fame (2000), la médaille de la National Book Foundation (2002) et une mention spéciale du prix Pulitzer (2007).
- 2012 — mort Meurt à Los Angeles le 5 juin 2012, à 91 ans.
Œuvres essentielles § 02 — par où commencer
Chroniques martiennes (1950) — Recueil de récits liés, de l'arrivée des premiers Terriens à la fin de la colonie, qui raconte la disparition des Martiens et reprend, sur une autre planète, les erreurs de la conquête.
L'Homme illustré (1951) — Dix-huit nouvelles reliées par un récit-cadre : les tatouages d'un homme de cirque s'animent la nuit et chacun raconte une histoire, de la fable technologique à la terreur domestique.
Fahrenheit 451 (1953) — Dans une société qui interdit les livres, un pompier chargé de les brûler, Guy Montag, se met à lire et à douter. Une dystopie sur la censure, le divertissement de masse et la mémoire.
Apport § 03 — ce qu'il a changé
Bradbury a donné à la science-fiction américaine d'après-guerre une qualité littéraire que les revues à bon marché n'offraient guère. Chez lui, la technique (fusées, robots, télévision) sert surtout à parler de mémoire, de peur, d'enfance et de solitude ; Mars y devient un décor mental autant qu'un lieu.
Il a fait de la nouvelle son terrain d'élection et obtenu un public bien au-delà du genre : Fahrenheit 451 est lu dans les classes, cité dans les débats sur la censure, et ses nouvelles ont été adaptées au cinéma et à la télévision. Il refusait lui-même l'étiquette de pur auteur de science-fiction, préférant parler de fables et de mythes modernes.
Style § 04 — à quoi s'attendre
Une prose très métaphorique, rythmée, qui joue des couleurs, des odeurs et des saisons, et qui doit autant à la poésie qu'au récit populaire. Les intrigues sont brèves, centrées sur un basculement ou une image forte ; les personnages, souvent des gens ordinaires, portent une émotion simple et reconnaissable. Le ton oscille entre nostalgie et inquiétude.
Par où commencer : Fahrenheit 451, court et d'une lecture rapide, offre l'entrée la plus directe. Chroniques martiennes révèle ensuite le versant le plus poétique ; L'Homme illustré convient à qui préfère goûter l'auteur nouvelle par nouvelle.