Pourquoi le lire — Gatsby le Magnifique, publié en 1925, ne rencontre à sa sortie qu'un succès commercial très modeste, et Fitzgerald meurt en 1940 dans une quasi-obscurité, persuadé d'être un raté malgré plus de cent soixante nouvelles publiées en vingt ans de carrière. Ce n'est qu'après sa mort que le roman devient la lecture obligatoire de générations entières de lycéens américains, érigé en portrait définitif du Jazz Age.
Biographie § 01 — le parcours
- Origines Né le 24 septembre 1896 à Saint Paul, dans le Minnesota ; étudie à Princeton, où il écrit des comédies musicales d'amateur, avant de quitter l'université en 1917 sans diplôme pour rejoindre l'armée américaine.
- 1920 — la célébrité instantanée Publie This Side of Paradise, succès immédiat qui le rend célèbre du jour au lendemain ; épouse Zelda Sayre le 3 avril de la même année.
- Le couple du Jazz Age Scott et Zelda deviennent des célébrités, incarnant le mode de vie insouciant et effréné de la nouvelle ère du jazz, réputés pour leurs fêtes et leur train de vie dispendieux.
- La France et Hemingway S'installe avec sa famille en France, où il est plus facile de soutenir leur style de vie coûteux ; s'y lie d'amitié avec Ernest Hemingway et Gertrude Stein.
- 1925 — Gatsby le Magnifique Publie son chef-d'œuvre, qui ne rencontre pourtant qu'un succès commercial modeste ; la santé du couple se dégrade peu après.
- 1930 — la maladie de Zelda Zelda est victime d'une dépression nerveuse, diagnostiquée schizophrène, traitée dans plusieurs cliniques en Europe puis aux États-Unis.
- 1934 — Tendre est la nuit Publie ce roman, magnifiquement écrit mais commercialement décevant, le public de la Grande Dépression se désintéressant des fêtes du Jazz Age.
- 1936 — La Fêlure Rédige ce long essai où il décrit avec une franchise totale son propre effondrement physique et spirituel.
- Hollywood S'installe à Hollywood pour devenir scénariste, luttant contre l'alcoolisme et les difficultés financières de ses dernières années.
- 1940 Meurt d'une crise cardiaque le 21 décembre à Hollywood, à quarante-quatre ans, laissant inachevé son dernier roman, Le Dernier Nabab, publié à titre posthume l'année suivante ; sa mort passe presque inaperçue, en pleine Seconde Guerre mondiale.
Œuvres essentielles § 02 — par où commencer
Gatsby le Magnifique (1925) — Le meilleur point d'entrée : l'ascension et la chute de Jay Gatsby, portrait définitif du rêve américain et de ses illusions.
L'Envers du paradis (1920) — Son premier roman, succès immédiat qui le rend célèbre à vingt-trois ans.
Tendre est la nuit (1934) — Le déclin de quelques Américains fascinants en Europe, marqué par la maladie de Zelda.
La Fêlure (1936) — Son essai le plus personnel, confession franche de son propre effondrement.
Bibliographie complète § 03 — une sélection
- L'Envers du paradis (1920)
- Gatsby le Magnifique (1925)
- Tendre est la nuit (1934)
- La Fêlure (1936, essai)
- Le Dernier Nabab (posthume, 1941, inachevé)
Apport § 04 — ce qu'il a changé
Fitzgerald popularise le terme même de « Jazz Age » pour désigner cette période d'après-guerre marquée par une prospérité nouvelle, la société de consommation naissante et l'évolution des mœurs sexuelles. Sa qualité principale tient à sa capacité à être à la fois un participant enthousiaste de la haute vie qu'il décrit et un observateur détaché de celle-ci — peu de lecteurs de son vivant perçoivent la dimension morale sérieuse sous l'apparente célébration de la vie mondaine, la plupart n'y voyant qu'une chronique du déclin des mœurs. Gatsby le Magnifique explore avec une acuité inégalée les thèmes de la promesse et de l'échec du rêve américain, de la classe sociale et de l'idéalisme romantique confronté à la réalité. Grande figure de la Génération perdue à Paris aux côtés d'Hemingway, il incarne, par le contraste entre son destin tragique et la gloire posthume de son œuvre, l'une des trajectoires les plus emblématiques de toute la littérature américaine du XXe siècle.
Style § 05 — à quoi s'attendre
Une prose élégante et lyrique, capable de restituer à la fois l'éclat superficiel des fêtes somptueuses et la mélancolie profonde qui ronge ses personnages en quête d'un idéal inaccessible — le style de Fitzgerald sait toujours suggérer, derrière le scintillement de la surface, une tristesse existentielle qui donne à son œuvre sa véritable profondeur. Pour un premier contact, Gatsby le Magnifique offre l'entrée la plus concentrée et la plus universellement étudiée ; Tendre est la nuit, plus disjoint dans sa construction, demande un intérêt particulier pour le lent déclin de ses personnages, à l'image de celui que Fitzgerald traversait lui-même en l'écrivant.
Citations célèbres § 06
- « Ainsi nous ramons, barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé. »