Le livre repose sur un principe simple, que l'auteur énonce : la seule manière de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant, entre 8 h 30 et 10 h 29, est de l'inventer. Il alterne donc deux fils : la narration des dernières heures de Carthew Yorston et de ses deux fils, minute par minute, et le récit de l'auteur qui écrit le livre, avec ses doutes sur le droit de raconter.
Le récit est découpé en brefs chapitres portant l'heure ; il mêle l'action, les pensées des personnages, des digressions sur l'Amérique, la mort et la fiction. Beigbeder y prend la parole en son nom, ce qui donne au roman un caractère d'enquête sur sa propre démarche.
Le roman est publié en 2003 chez Grasset et reçoit le prix Interallié la même année. Sa traduction anglaise, due à Frank Wynne, reçoit en 2005 l'Independent Foreign Fiction Prize, partagé entre l'auteur et le traducteur.
Le projet a suscité des débats, car il imagine les derniers instants de victimes réelles : certains lecteurs y ont vu une audace nécessaire, d'autres un risque d'indécence. Le livre reste l'un des romans français consacrés aux attentats du 11 septembre qui ont le plus suscité de discussions, en France comme à l'étranger grâce à sa traduction.
Windows on the World pose une question qui dépasse son sujet : que peut le roman devant un événement que les images ont déjà saturé ? Beigbeder répond en imaginant ce que personne ne peut voir, et en s'interrogeant sur le droit de le faire. Le livre est aussi, pour son auteur, un tournant : il y délaisse la satire pure pour un ton plus grave sans renier son ironie.