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ŒUVRE N° 0047 — ROMAN — ANGLETERRE — 1927

Vers le phare

1927 · Roman · Virginia Woolf
Le temps qui passe sur une famille et une maison de vacances, sur plus d'une décennie.
Pourquoi le lire — Là où Mrs Dalloway comprime tout dans une seule journée, ce roman étire le temps sur plus de dix ans, centré sur une même maison de vacances écossaise et la famille qui la fréquente. Le phare visible depuis la fenêtre, jamais tout à fait atteint, devient le symbole de tout ce qui se dérobe dans une vie.

Contexte d'écriture § 01

  • L'inspiration Le roman puise dans les souvenirs d'enfance de Woolf, notamment les vacances familiales passées en Cornouailles, transposées dans le décor écossais du roman.
  • Publication Paru en 1927, deux ans après Mrs Dalloway, alors que Woolf approfondit sa technique narrative.

Structure § 02

Le roman se divise en trois parties : une journée avant la Première Guerre mondiale, où la famille Ramsay envisage une excursion au phare voisin ; une section centrale, « Le Temps passe », qui traverse une décennie et la guerre en quelques pages seulement, marquée par plusieurs deuils relatés presque en aparté ; puis le retour de la famille, des années plus tard, pour enfin atteindre le phare. Cette construction en trois temps inégaux capture la manière dont le temps s'étire ou se contracte selon ce qu'il contient.

Réception § 03

Considéré comme l'un des sommets de l'œuvre de Woolf, le roman est salué pour l'audace de sa section centrale, qui relègue en quelques phrases elliptiques des événements qu'un roman classique aurait développés sur des chapitres entiers.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman propose une des expérimentations les plus radicales sur la notion de temps romanesque : ce qui compte n'est pas la durée réelle des événements, mais l'intensité de ce qu'ils représentent pour la conscience qui s'en souvient. C'est un texte qui a durablement influencé la manière dont la littérature peut traiter la mémoire et la perte.