Le roman se divise en trois parties : une journée avant la Première Guerre mondiale, où la famille Ramsay envisage une excursion au phare voisin ; une section centrale, « Le Temps passe », qui traverse une décennie et la guerre en quelques pages seulement, marquée par plusieurs deuils relatés presque en aparté ; puis le retour de la famille, des années plus tard, pour enfin atteindre le phare. Cette construction en trois temps inégaux capture la manière dont le temps s'étire ou se contracte selon ce qu'il contient.
Considéré comme l'un des sommets de l'œuvre de Woolf, le roman est salué pour l'audace de sa section centrale, qui relègue en quelques phrases elliptiques des événements qu'un roman classique aurait développés sur des chapitres entiers.
Le roman propose une des expérimentations les plus radicales sur la notion de temps romanesque : ce qui compte n'est pas la durée réelle des événements, mais l'intensité de ce qu'ils représentent pour la conscience qui s'en souvient. C'est un texte qui a durablement influencé la manière dont la littérature peut traiter la mémoire et la perte.